Abdou Aziz Diop de « Publiez ce que vous payez » liste ses inquiétudes sur la loi du « contenu local » non vulgarisé et les menaces dues aux chômages endémiques.


L’antenne régionale de « Publiez ce que vous payez », avec l’appui de Oxfam, a organisé un forum autour de « la thématique sur le contenu local et les opportunités liées à la formation et à l’emploi ».  

Une rencontre d’échanges et de partage sur l’importance de promouvoir « le contenu local » pour booster l’économie du pays et atteindre l’émergence afin de résoudre définitivement le fléau de l’émigration clandestine.

Selon Abdoul Aziz Diop, le Coordonnateur de l’antenne régionale de Thiès de la coalition « Publiez ce que vous payez », « la pertinence d’une telle thématique repose sur une loi qui a été votée en janvier 2019 relativement au contenu local surtout dans le secteur des hydrocarbures.

« Le contenu local, c’est surtout la promotion du secteur privé national, la fourniture de biens et services, la formation qualifiante, l’emploi qualifiant, le transfert de technologie. Donc c’est une loi qui a beaucoup d’opportunités, mais malheureusement elle n’a pas été vulgarisée. Il y a un déficit d’appropriation », dira-t-il. 

Selon lui toujours, « la problématique principale, c’est le sous-emploi et le chômage des jeunes. Aujourd’hui,  au Sénégal il y a les sans-emploi, ceux qui ont des diplômes mais qui sont sans emploi, mais il y a également les chômeurs qui n’ont aucune qualification. Le contenu local peut régler deux problèmes : d’abord en termes de formation qualifiante pour vraiment aider ces jeunes surtout à avoir des passerelles très courtes, niveau Cm2, niveau Bfem, niveau Bac, à chaque niveau, le jeune peut être opérationnel pour pouvoir acquérir un savoir-faire et être employable. Parce que les plateformes gazières et pétrolières, à elles seules, n’emploient pas beaucoup de personnes », se résume-t-il à faire comprendre.

« Pas moins de 200 personnes et se sont des emplois très profilés. Mais là où elles opèrent,  il y a 500 métiers connexes liés aux activités du gaz et du pétrole, c’est cela que l’on appelle le contenu local, mais qui sont méconnus », dira-t-il. Pour lui, la cité du rail est devenue un hub.  » La pêche aujourd’hui, est impactée et elle le sera davantage. On doit anticiper sur des alternatives avec des activités connexes liées au contenu local surtout en terme de formation, de fourniture de biens et de services. Parce que le dernier rapport Itie a montré que le contenu local a rapporté 999 milliards de francs Cfa au secteur extractif, mais malheureusement seuls 445 milliards de francs sont revenus aux nationaux », se désole-t-il.

L’autre aspect, selon Abdou Aziz Diop est que les gens ne perçoivent pas par exemple qu’avec cette émigration clandestine, »il y a un autre risque, ce sont des jeunes qui sont exposés aujourd’hui au djihadisme parce que, c’est un terreau fertile ».

« Nous sommes dans une sous-région avec le Mali, la zone Sahel qui est une région aujourd’hui fortement menacée. Et il est facile à des gens qui veulent déstructurer ou déstabiliser notre vivre ensemble, notre Nation, de passer par ces jeunes désespérés. Donc, on devrait prendre cet aspect-là très sérieusement », avise-t-il.



Dakaractu

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