Brexit : les Européens ne veulent pas pousser trop loin les concessions



Publié le 1 déc. 2020 à 19:05Mis à jour le 1 déc. 2020 à 19:25

Un accord, mais pas à tout prix. Alors que la négociation du Brexit s’intensifie , plusieurs pays de l’Union européenne ont commencé à manifester, ces derniers jours, une forme d’inquiétude à l’idée que Bruxelles finisse par se montrer trop conciliante. Et certains agitent le spectre d’un scénario noir : un accord entre négociateurs qui pourrait, dans la foulée, être rejeté par plusieurs Etats membres.

Lignes rouges

Si la France a toujours incarné une forme de fermeté dans ce dossier, elle est loin d’être isolée. L’Espagne, la Belgique, les Pays-Bas, ou encore le Danemark sont autant d’Etats membres qui partagent la même position : les lignes rouges définies dans le mandat du négociateur européen, Michel Barnier, ne doivent pas être franchies. En particulier au sujet des conditions d’une concurrence équitable avec Londres. 

Emmanuel Macron, mardi, a été très clair, aux côtés du Premier ministre belge, Alexander De Croo. « La France n’accepterait pas un accord qui ne respecterait pas nos intérêts dans la durée », a prévenu le président de la République. Clément Beaune, son secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, avait également cherché à tempérer un optimisme jugé potentiellement dangereux, la veille, estimant que les négociateurs étaient « encore très loin d’un accord »

Immobilisme britannique

A l’origine de ces inquiétudes, plusieurs facteurs. D’une part, les regards se portent sur la Commission européenne. Ursula von der Leyen, sa présidente, semble déterminée à peser de tout son poids pour aboutir à un compromis. En témoigne le fait qu’elle ait dépêché l’une de ses plus proches collaboratrices, la Française Stéphanie Riso, aux côtés de Michel Barnier. Certains constatent également que l’Allemagne, qui assure actuellement la présidence tournante de l’UE, veut à tout prix éviter la responsabilité d’un échec.

D’autres, enfin, redoutent que Londres commence à récolter les fruits de sa stratégie consistant à ne rien lâcher . « A ce stade, leur immobilité peut leur sembler payante », résume, amère, une source européenne. D’où la mise en garde de Clément Beaune : « Si le Royaume-Uni croit que la question du temps joue en sa faveur comme ça a été le cas ces dernières années, ce n’est pas le cas. »

« Sérieuses inquiétudes »

« Nous avons de sérieuses inquiétudes concernant les termes d’un accord potentiel », lâche ainsi une source non française. A en croire cette dernière, la perspective d’un échec des négociations commence à s’installer dans les esprits comme étant un moindre mal. « Au fond, un Brexit sans accord ne ferait que repousser la perspective d’un compromis : pour des raisons évidentes, Londres et les Vingt-Sept ont vocation, tôt ou tard, à trouver les bases d’une relation fluide. » Face à une UE qui manque souvent de confiance en elle, pas question de laisser Londres croire que la peur est de ce côté-ci de la Manche.



A lire aussi

Laisser un commentaire