Covid : les hôpitaux russes débordés dans certaines régions


Publié le 1 déc. 2020 à 8:00

Jours après jours, les chiffres officiels confirment une forte poussée du Covid-19 en Russie. Le pays, le quatrième le plus touché au monde en nombre de cas, a dépassé le cap des 2 millions de personnes infectées.

Depuis une semaine, on recense entre 24.000 et près de 28.000 nouveaux cas quotidiennement. Le bilan de morts a atteint un record de 524 décès jeudi 26 novembre, avant de redescendre à 368 ce lundi, portant le bilan officiel de l’épidémie à près de 40.000 décès.

Comme lors de la première vague, le doute plane toutefois sur la réalité chiffrée de ce bilan. Les statistiques ont en effet révélé une forte augmentation de la surmortalité : entre avril et septembre, elle s’est élevée à plus de 116.000 décès supplémentaires par rapport à la même période de l’an passé. Une grande partie serait due au Covid-19 mais les autorités ne le certifient que s’il y a eu une autopsie (très fréquentes en Russie) en ce sens.

Tout le pays désormais touché

Alors qu’au printemps Moscou avait été l’épicentre de la pandémie, la deuxième vague touche désormais tout le pays. La capitale et Saint-Pétersbourg enregistrent certes les plus lourds bilans, avec respectivement plus de 6.000 et près de 4.000 nouveaux cas chaque jour. Mais le reste de la Russie concentre environ les deux tiers des cas. Or, en régions, les infrastructures médicales sont bien moins développées.

Et malgré l’interdit fait par le Kremlin aux médecins de parler publiquement, les réseaux sociaux débordent de récits sur des systèmes locaux de santé au bord de la rupture, de la Crimée à Vladivostok. Dans plusieurs villes de province, les morgues sont débordées. Plus de 90 % des lits d’hôpitaux dédiés au Covid-19 sont occupés dans six des 85 régions du pays. Des ambulanciers ont raconté que des patients âgés se sont vus refuser l’entrée des hôpitaux.

Situation « alarmante », reconnaît Poutine

Vladimir Poutine, qui a repris ses voyages à travers le pays et a appelé les gouverneurs régionaux à ne pas « enjoliver la réalité », a reconnu que la situation est « alarmante ». Mais, insiste le président, elle reste sous contrôle. Comme au printemps, pour s’adapter aux variations locales du plus grand pays du monde, c’est aux régions de prendre des mesures restrictives. Elles sont pour le moment limitées. Seule la Bouriatie, en Sibérie, a réintroduit un strict confinement.

A Moscou, qui à deux reprises en novembre a égalé son nombre record de morts par jour (77), le maire n’a pas imposé les mêmes restrictions que lors de la première vague. Dans la capitale, les entreprises doivent recourir au télétravail. Les universités enseignent par visioconférence, tout comme les écoles pour les grandes classes. Mais les plus jeunes continuent d’aller à l’école, commerces et restaurants restent ouverts.

Pour les autorités, la priorité est aux vaccins dont celui baptisé Spoutnik V, présenté comme efficace à 95 %. Ils doivent être administrés gratuitement. Les premières vaccinations de masse, annoncées pour la fin de l’année, devraient intervenir en fait début 2021. Parmi les premiers, selon les ordres donnés par le Kremlin, quelque 400.000 militaires.



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