Cameroun: Djaïli Amadou Amal – Victoire pour une « Impatiente »


L’écrivaine camerounaise de 45 ans a remporté le Goncourt des lycéens 2020 hier, 2 décembre.

« A mercredi ! » On était lundi 30 novembre 2020, quelqu’un d’autre que Djaïli Amadou Amal venait de remporter le Goncourt 2020 et une journaliste sollicitait une réaction de l’écrivaine camerounaise, l’une des finalistes. Rendez-vous fut donné par l’auteur pour deux jours plus tard, mercredi 2 décembre 2020, après les résultats du 33e Goncourt des lycéens, où elle était également en lice, avec de fortes chances de victoire. Mission accomplie depuis hier. Djaïli Amadou Amal, 45 ans, vivant et travaillant au Cameroun, est la lauréate 2020 du Goncourt des lycéens avec son roman « Les Impatientes », paru en septembre 2020 chez Emmanuelle Collas. Treize ans après Léonora Miano en 2006. L’écrivaine camerounaise est ainsi l’heureuse élue des lycéens délégués dans chaque région de France, au milieu d’un groupe de six concurrents. Trois des quatre finalistes du Goncourt, dont Djaïli, prétendaient d’ailleurs à ce prix décerné hier…

« Les Impatientes » entre ainsi dans l’histoire du prestigieux prix littéraire. Une consécration pour cette œuvre dont la première édition, « Munyal, les larmes de la patience », son troisième roman sorti en 2017 chez Proximité, une maison d’édition locale, avait remporté le prix Orange du livre en Afrique francophone en 2019. Et « Les Impatientes », la réédition, plus que l’histoire d’un trio féminin qui veut changer son triste destin, est inspirée du parcours personnel de Djaïli Amadou Amal. L’Impatiente, c’est elle, la fille du Diamaré, dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Celle qui a refusé de subir et de se taire contre les injustices et dont le combat le plus important, l’émancipation de la femme du Sahel, a désormais un écho planétaire.

Une combattante donc, qui a su se servir de la plume pour de nobles causes visibles dès son premier roman paru en 2010 aux éditions Ifrikiya, autre maison camerounaise, « Walaande, l’art de partager un mari. » En 2013 chez le même éditeur, elle écrira le magnifique et pas assez évoqué « Mistiriijo, la mangeuse d’âmes », traduit en wolof, qui en même temps dénonce la stigmatisation des femmes âgées accusées de sorcellerie et est un plaidoyer pour un retour à ce qu’il y a de beau dans la culture peule. Ses combats, Djaïli ne les mène pas seulement par voie littéraire. Elle a créé l’association de défense des droits des femmes, « Femmes du Sahel », un vaste projet éducatif en faveur des jeunes filles. En plus, parce que l’écriture lui a sauvé la vie comme elle le dit souvent, cette diplômée de gestion veut partager cet amour avec les jeunes défavorisés à travers l’ouverture de bibliothèques.



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