Brexit : la tension monte dans les PME françaises à l’approche de l’échéance



Publié le 7 déc. 2020 à 18:00

C’est une petite vidéo que le patron du Medef a faite sur les réseaux sociaux, à l’attention des entreprises françaises. Le thème n’est pas très nouveau, certes, puisqu’il s’agit de la préparation des entreprises hexagonales au Brexit .

Il n’empêche que la tension remonte sérieusement dans les PME et chez les représentants du patronat français. Plus la date fatidique approche et moins les négociateurs semblent enclins au compromis. Comme le dit Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef, on pourrait se retrouver avec « une crise dans la crise », c’est-à-dire un commerce franco-britannique sérieusement ralenti dès début janvier, alors que les échanges entre les pays sont déjà affectés par les restrictions sanitaires dues au Covid-19.

Bref, il est urgent de se préparer puisque la fiscalité, la réglementation, les formalités douanières et même les étiquetages des produits vont changer. « La situation du 1erjanvier ne sera pas celle du 31 décembre. On ne sera plus dans le même monde », résume Bernard Spitz, président du pôle international et Europe du Medef.

L’organisation patronale multiplie les visioconférences chaque semaine avec ses adhérents depuis des mois pour les sensibiliser aux difficultés à venir. Le problème, c’est qu’on ne sait pas si un accord sera trouvé. Or, les conséquences sont très différentes pour certains secteurs, tels que la pêche par exemple . Toute la filière, des marins à la distribution, pourrait être affectée durement. La logistique aussi sera nécessairement touchée, accord ou pas. Or il s’agit souvent de PME, pas toujours au fait des réglementations.

D’autant que, comme le dit Alban Maggiar, vice-président des Affaires européennes de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), « compte tenu de la tragi-comédie du Brexit qui se joue depuis deux ans entre les gouvernements, les patrons de PME ont souvent préféré temporiser et attendre d’y voir plus clair. Aujourd’hui, ils se retrouvent au pied du mur mais se demandent toujours quelles seront les conséquences ».

« A trois semaines de l’échéance, on n’y voit toujours pas beaucoup plus clair », considère François Asselin, le patron de la CPME. Et, « avec la sortie du deuxième confinement, on ne peut pas dire que le Brexit se retrouve sur le haut de la pile des priorités des patrons de PME », ajoute Alban Maggiar.

La « frontière intelligente » avec des formalités douanières numérisées, vantée et mise en place des deux côtés de la Manche, suffira-t-elle à fluidifier le transport ? Il faut l’espérer. « Environ 80 % du transport de marchandises entre le Royaume-Uni et l’Europe continentale passe par la France », rappelle Bernard Spitz. Sans compter que le Royaume-Uni est le sixième client de l’Hexagone et son septième fournisseur. L’an passé, les exportations françaises de biens de l’autre côté de la Manche, ont dépassé 34 milliards d’euros dont près de 4,5 milliards de produits agroalimentaires souvent périssables. D’où l’importance de la logistique et donc de l’efficacité des futurs contrôles douaniers. Les importations en provenance de la Grande-Bretagne ont, elles, atteint 21 milliards d’euros en 2019.

Avec un point important : « Environ 120.000 entreprises françaises exportent ou importent vers ou depuis le Royaume-Uni. Or, un quart d’entre elles, souvent les plus petites, n’ont jamais fait de commerce hors de l’Union européenne. Pour elles, le 1erjanvier sera donc une première en termes de formalités douanières », met en garde Bernard Spitz. L’embouteillage du siècle, de Calais à Paris, menace.



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