Afrique: Arts dramatiques – Trois Congolais en formation au Centre national des écritures de France


Marcel Mankita, Gilféry NGamboulou et Athaya Mokonzi sont des artistes congolais de Brazzaville ayant bénéficié d’une formation en arts dramatiques au Centre national des écritures du spectacle d’Avignon en France.

La formation en écriture théatrale s’inscrit dans le cadre de la création d’une pièce de théâtre. Athaya Mokonzi et Marcel Mankita travaillent sur la pièce « Trans-maître » de Elemawusi Agbedjidji, auteur et metteur en scène Togolais.

La pièce aborde la question de l’héritage de la langue française, langue que Paris imposa au reste de la France et à l’empire colonial. Après une première étape de recherche à Lomé (Togo) et une seconde, de travail de table à Metz, l’équipe de création se retrouve à la Chartreuse pour entamer des répétitions au plateau.

Quant à Gilféry NGamboulou, artiste comédien, metteur en scène, auteur et directeur artistique du Théâtre des Sans Voix, il retravaille la pièce « Respirer pour les autres ». L’artiste a obtenu la bourse odyssée qui lui a été octroyée par l’Association des centres culturels de rencontres (ACCR) avec le soutien du ministère de la Culture de France. « Je viens retravailler la pièce Respirer pour les autres que j’ai écrite pendant la résidence d’écriture organisée par le festival international Mantsina sur scène, en partenariat avec la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, du 1er octobre au 1er novembre 2019 à Brazzaville. », a-t-il indiqué.

Dans cette pièce, l’auteur parle de la mort, un drame qui s’est produit dans un commissariat de Brazzaville causant le décès des jeunes lycéens. Gilféry NGamboulou raconte l’histoire d’une famille qui a perdu un fils de dix-huit ans dans des circonstances étranges. C’est une famille qui vacille, une mère qui refuse d’accepter, qui semble ne plus se retrouver, qui a perdu la joie de vivre. Même l’espoir s’est évanoui. Mélancolie, hystérie. Quelle en sera l’issue ?…

« Cette écriture tire son origine du choc éprouvé suite à un énième dramatique événement dans mon pays : plusieurs jeunes Brazzavillois (tous lycéens) ont été arbitrairement arrêtés et assassinés dans un poste de sécurité publique, à Brazzaville en juillet 2018. Les pouvoirs publics ont parlé d’une bavure policière. Ce fait apparemment banal n’a cessé de me questionner à la fois en tant qu’auteur de théâtre et en tant que citoyen. La question de la sécurité individuelle et collective dans nos villes et nos pays se pose avec acuité.

Quel monde laisserons-nous à nos enfants et à nos petits-enfants ? Une façon, pour moi, de rendre hommage à ces jeunes assassinés a été d’essayer d’écrire pour qu’ils demeurent vivants. Après avoir rencontré certains parents des victimes, plusieurs questions n’ont cessé de me hanter : Comment peut-on vivre en perdant son enfant dans de telles conditions ? Quel regard peut-on encore porter vis-à-vis de la vie, des autorités, de la société, de la force publique de son pays ? Autant de questions qui m’ont permis d’écrire ce texte que je souhaite ardemment retravailler lors de cette résidence d’écriture. », a fait savoir l’artiste.

La Chartreuse est un lieu de résidence pour les auteurs dramatiques, les traducteurs de théâtre et pour les compagnies (théâtre, danse, cirque, arts de la rue, arts numériques… ). Ce centre accueille aussi bien des artistes confirmés que des artistes émergents. Il propose deux formes de résidence : Les résidences individuelles d’auteur. Elles sont accessibles aux auteurs ayant obtenu une commande ou une bourse d’écriture d’une institution nationale ou régionale pour le projet faisant l’objet de la demande de résidence.

Quant aux résidences collectives, elles s’adressent à des compagnies (théâtre, danse, cirque, arts de la rue, arts numériques…) qui intègrent dans leur processus de création un auteur ou un texte contemporain et dont le travail nécessite un temps de recherche, d’expérimentation et de création.

Le Centre national des écritures du spectacle est un des lieux majeurs en France et en Europe de résidences consacrées à l’écriture dramaturgique. Il accueille près de soixante résidences par an, d’auteurs ou de compagnies, des laboratoires de recherche et d’expérimentation, des cycles de formation et des masters class, et s’ouvre régulièrement au public lors de répétitions publiques ou d’événements associant les résidents et d’autres artistes invités et notamment au mois de juillet, en partenariat avec le Festival d’Avignon.



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