Budapest attise les tensions avec Kiev pour faire oublier l’affaire Jozsef Szajer



Embarrassée par les frasques de son eurodéputé, la Fidesz de Viktor Orbán espère mobiliser son électorat en jetant de l’huile sur le feu dans les relations entre la Hongrie et l’Ukraine. Une diversion bien pratique mais dangereuse, estime le journal ukrainien Oukraïnska Pravda.

Le 2 décembre, le site officiel de la Fidesz, le parti politique au pouvoir en Hongrie depuis les dix dernières années, a publié un communiqué qui accuse Kiev d’avoir créé en Transcarpatie une “situation de guerre civile”. Une déclaration d’autant plus inacceptable qu’elle est totalement détachée des réalités.

Ce n’est pas la première fois que le pouvoir hongrois a délibérément recours à la désinformation et la propagande antiukrainienne. Mais, avec cette dernière déclaration, la Hongrie a franchi une nouvelle ligne jaune. Il semble cependant que cela n’ait qu’un rapport indirect avec l’Ukraine. Car Orbán et son parti ont un problème sérieux à la maison en la personne du député européen Jozsef Szajer.

Budapest dans l’embarras

Ce dernier n’est pas qu’un simple membre du parti. C’est l’un des piliers de la Fidesz, personnellement proche d’Orbán. Il exerce une autorité extraordinaire dans le parti. Il s’est bâti une image de défenseur des valeurs conservatrices et familiales, pourfendeur des mouvements LGBT. Szajer est l’un des auteurs des règles constitutionnelles sur l’interdiction du mariage gay.

Or, le 29 novembre, il a été arrêté par la police lors d’une orgie gay à Bruxelles, orgie qui contrevenait aux réglementations de la quarantaine en Belgique. Peu après, les médias de l’opposition hongroise ont rapporté que, dans les cercles du parti, on était au courant de la divergence entre sa rhétorique officielle et ses orientations sexuelles, mais que l’on préférait fermer les yeux au nom de son autorité politique. Szajer a été poussé à démissionner du Parlement européen et à quitter le parti, mais cela n’a en rien réglé le problème.

L’équipe d’Orbán s’efforce donc de se dépêtrer de la situation. Sachant qu’en Hongrie le parti du Premier ministre contrôle une grande partie des médias, il a

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Serhiy Sydorenko

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Source

Le journal en ligne “Vérité ukrainienne”, a été créé en 2000 par le journaliste Guéorgui Gongadzé, assassiné au cours de la même année alors qu’il enquêtait sur la corruption au sein du pouvoir. Le titre, qui traite de sujets exclusivement nationaux

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