Après la récente déclaration du DG des Impôts : Cette pression fiscale qui tue le contribuable ivoirien !



Un pays qui donne l’impression de financer son développement avec l’argent contracté auprès des multinationales essentiellement basées aux Etats-Unis, est obligé d’être imaginatif pour ne pas dire « agressif », dans la définition des nouvelles rubriques et la perception des impôts auprès du corps élastique des contribuables. Notre nation, si elle a l’honneur de figurer au nombre de ces pays, emprunte traditionnellement, dans le cadre des relations bilatérales, avec le trésor de certains Etats amis comme la France. Tenez, les rails de 37 kilomètres que des entreprises françaises vont construire incessamment entre Anyama et Treichville seront financés en partie par le Trésor français. Je rappelle que le coût final revu et corrigé par les différents partenaires est estimé à mille milliards quatre cent millions de France CFA ( ?). Pourquoi notre Trésor, qui est le sosie physique et spirituel du Trésor français, ne fait-il pas de même à notre pays, à défaut de prêter à des nations voisines moins gâtées par la nature ? Si la pratique est usuelle, pourquoi notre histoire en tant que république produit très peu d’exemples en la matière ? …Je reconnais mes limites dans le domaine des chiffres, toutefois s’il est juste et honnête de célébrer les performances hors normes de notre Douane qui vient de réaliser 1900 milliards de francs CFA de recettes, pourquoi ces sommes faramineuses collectées auprès de nos contribuables ne permettent-elles pas de faire comme le Trésor français ? Encore une fois, je ne maitrise pas les arcanes de la finance nationale et internationale. Mais ma qualité de contribuable et de consommateur des projets financés par la perception des impôts nationaux devrait m’accorder quelques privilèges ! Pour le commun des mortels, au regard de tels résultats générés par une seule des régies financières, il est parfois difficile de comprendre pourquoi on est toujours en train de courir derrière les banques de Bretton-Woods pour des emprunts parfois colossaux ? Les spécialistes de ces questions très sensibles doivent de plus en plus s’évertuer à nous expliquer pourquoi on doit s’endetter et à quoi les anciennes dettes ont servi ? Au regard des besoins en termes de culture à mettre en place, nous devons créer, pour une bonne compréhension de ce phénomène coûteux pour les générations présentes et à venir, les conditions de la traçabilité et de la transparence de l’endettement national ! Je sais que vous avez compris, car la véritable question que j’ai envie de poser à nos gouvernants est la suivante : est-ce que la Côte d’Ivoire, notre cher pays, pour financer et conduire le type de développement qu’ils réservent à notre nation, a besoin presque automatiquement de s’endetter auprès des vendeurs internationaux d’argent ? Sur ce plan-là, parfois notre pays est à l’image de nos fonctionnaires et agents de l’Etat dont certains sont victimes à vie, de contrats de dupes dont les règles sont édictées par la seule (margouillat) partie qui prête ! Comment un pays qui pèse, à lui seul, près de 40% en tant que sociétaire dans la principale Institution économique sous régionale, peut être en même temps être celui qui s’endette le plus et le mieux sur la place internationale ?

Si les sommes faramineuses collectées dans le cadre de la perception des impôts peuvent servir à finaliser le budget de l’Etat, leur rôle n’est-il pas de servir à colmater des brèches ici et là ? Dans nos Etats africains, l’on a tendance à détourner l’argent du contribuable à des fins inappropriées ! Toute chose qui ralentit, à coup sûr, l’exécution des objectifs de développement ! En d’autres termes, les Etats qui peuvent prétendre disposer d’une assiette de planifications dignes de ce nom, ne comptent pas sur les contributions des contribuables pour financer le développement ! Je note au passage que la plupart des Nations qui sont soucieuses du bien-être de leurs populations, échafaudent des plans pour réduire l’assiette des impôts sur leur tête ! Or ici en Côte d’Ivoire, à la faveur du dernier trimestre, on voit bien que les spécialistes de la question usent d’imagination pour maximiser la contribution publique du contribuable. Dans cette offensive qui succède au marasme économique induit par la COVID-19, aucun secteur n’est perdu de vue ! Toutes les activités, aussi petites et insignifiantes qu’elles peuvent être, sont charmées et appelées à faire preuve de leur sens élevé du civisme fiscal ! Dites-moi, vous qui avez obtenu de grands diplômes dans des Universités prestigieuses à travers le monde, comment se fait-il que les produits du PIB, du PNB et bien d’autres produits dont l’existence n’est pas commune, ne peuvent pas assurer, à eux-seuls, le développement d’un pays aussi riche que la Côte d’Ivoire qui n’a que 60 années après son indépendance, 25 millions d’habitants ? Dans la foulée, on devra aussi trouver le temps de répondre à celles-ci : pour qui les gouvernants s’endettent-ils lorsqu’ils sont perchés au sommet de l’Etat ? Est-il humainement « responsable » que les Etats africains notamment subsahariens, transmettent le paiement de certaines de leurs dettes, à des générations de « citoyens » dont les « parents biologiques » sont dans «le laboratoire incertain et secret» ! ?

KONE KOBALI

Libre auteur, créateur



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