Brexit : Londres et Bruxelles s’épargnent une guerre de la saucisse



Publié le 10 déc. 2020 à 12:03Mis à jour le 10 déc. 2020 à 12:18

La guerre de la saucisse n’aura pas lieu. Si Londres et Bruxelles peinent toujours à s’entendre sur les termes de leur relation future , ils ont au moins trouvé un accord pour éviter le pire : le blocage en Mer d’Irlande des saucisses fabriquées en Grande-Bretagne mais consommées en Irlande du Nord.

La réglementation européenne, à laquelle devra se soumettre l’Irlande du Nord à compter du 1er janvier en vertu de l’accord de retrait conclu l’an dernier pour éviter le rétablissement d’une frontière dure entre les deux Irlande, interdit l’importation de viande crue préparée, comme les saucisses ou les « burgers », à moins qu’ils ne soient congelés à -18°C. Ce qui menaçait les expéditions de saucisses depuis la Grande-Bretagne vers les rayons des supermarchés nord-irlandais.

« Le roi de la saucisse de Bruxelles »

Un accord a heureusement été conclu ces derniers jours, pour éviter une telle issue. Un sursis de six mois a été accordé à ces produits avant de les contraindre à respecter les contrôles sanitaires européens. Une concession accordée par le négociateur de l’UE, Maros Sefcovic, au numéro deux du gouvernement britannique, Michael Gove, qui vient de trouver avec lui un compromis plus large sur les modalités d’application de l’accord de retrait, et en particulier son protocole nord-irlandais.

« La saucisse britannique est sauve, – au moins pour six mois », s’est félicité jeudi le « Times », tandis que Michael Gove se réjouissait mercredi à la Chambre des Communes que les fameuses saucisses « se soient frayé un chemin vers Belfast et Ballymena »… après avoir surnommé quelques jours plus tôt Maros Sefcovic « le roi de la saucisse de Bruxelles ».

Trois mois de grâce pour les autres produits alimentaires

La guerre de la saucisse avait enflé le mois dernier, quand le gouvernement britannique avait échoué à convaincre l’UE d’accorder des certificats sanitaires à sa viande crue préparée. Londres avait même menacé, si aucun accord n’était trouvé, d’interdire les importations de produits à base de viande en provenance de l ‘UE. Au point que le dossier remonte jusqu’à Boris Johnson : « Rien ne peut empêcher la ‘Great British sausage’ de parvenir jusqu’à Belfast », avait alors assuré, avec des accents de chef de guerre, le Premier ministre aux commerçants.

L’arrangement conclu avec Bruxelles prévoit aussi d’accorder trois mois de grâce à tous les autres envois de produits alimentaires « made in Britain » à destination de l’Irlande du Nord avant de les contraindre à respecter les contrôles sanitaires de l’UE. Une véritable bouffée d’oxygène pour les supermarchés nord-irlandais, largement dépendants du reste du Royaume-Uni et qui redoutaient de voir s’éclaircir leurs étals, voire de devoir fermer des points de vente si aucun compromis n’était trouvé.



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