Afrique: Ouvrir la voie – Vers une Afrique entièrement connectée


Duse, une ville isolée du nord-est du Kenya, qui compte une population d’environ 3 000 personnes, n’avait pas de connexion internet jusqu’en 2017, date à laquelle RuralStar, une solution fournissant une couverture haut débit à distance, a été lancée et a eu un impact transformationnel.

Désormais, l’infirmière qui travaille au dispensaire local peut passer des commandes en ligne lorsque les médicaments sont épuisés ; alors qu’avant, elle devait parcourir 20 kilomètres jusqu’à la cabine téléphonique la plus proche pour passer un appel. Les villageois peuvent de leur côté signaler immédiatement le vol de bétail aux autorités locales au lieu de courir de porte en porte pour demander de l’aide. Yusuf Huka, un jeune homme qui n’a pas trouvé de place dans les universités publiques, a commencé une formation aux TIC en ligne et a réussi à obtenir une bourse de la Banque mondiale pour poursuivre ses études.

Duse n’est qu’un microcosme des énormes progrès réalisés par l’Afrique en matière de connectivité au cours de la dernière décennie : 40 % de la population africaine est actuellement connectée à Internet, contre 10 % en 2010, soit quatre fois plus. Grâce au réseau à haut débit, les personnes isolées se connectent, ceux qui étaient déprimés retrouvent leurs rêves, et l’impossible devient possible.

Outre la croissance massive du taux de pénétration d’Internet, la réponse numérique de l’Afrique a également été impressionnante dans un contexte de distanciation sociale due à la pandémie de la COVID-19. Alors que les gens ne peuvent pas se rencontrer physiquement, la connectivité à haut débit devient encore plus urgente. Pendant les confinements nationaux, le régulateur Sud-africain ICASA a innové en attribuant des fréquences temporaires aux opérateurs de télécommunications, afin de réduire l’encombrement du réseau avec la demande croissante de la couverture haute débit. Au Maroc, un communiqué de presse conjoint des ministères de l’éducation et du commerce a annoncé le 22 mars, une semaine après l’entrée en vigueur de la suspension des cours, que trois grands opérateurs de télécommunications allaient offrir un accès gratuit à tous les portails d’apprentissage en ligne. Ces bonnes pratiques servent toutes à démontrer que l’Afrique a un grand potentiel et une grande capacité à s’adapter à un monde de connectivité totale, et à s’orienter vers une numérisation globale.

Cependant, nous ne pouvons pas ignorer le fait incontestable et alarmant que 60% de la population africaine (avec une moyenne mondiale de 41%) n’est toujours pas connectée à Internet. On estime que plus d’un quart de milliard d’écoliers en Afrique ont été affectés par la pandémie de la COVID-19 et que la plupart d’entre eux n’ont pas les outils numériques nécessaires pour poursuivre leurs études en ligne. L’économie africaine a été fortement impactée, de nombreuses personnes ayant perdu leur emploi sans en retrouver d’autre en raison du manque d’accès à Internet.

Cela transmet un message fort mais inquiétant, à savoir qu’une connectivité haut débit fiable est désormais incontournable pour maintenir des activités sociales normales. Alors que la crise de la pandémie de la COVID-19 se poursuit et que les pandémies de ce type sont de plus en plus fréquentes, l’Afrique ne peut plus attendre. C’est un défi, mais également une opportunité pour l’Afrique d’accélérer le déploiement d’un réseau à haut débit universel, fiable et abordable.

Lors d’un récent webinaire intitulé « Delivering a Broadband Africa », organisé conjointement par l’AFRICA CEO FORUM et Huawei, le Dr Hamadoun Touré, Ministre de l’économie numérique du Mali, a estimé que le coût était l’un des principaux obstacles à l’accès à Internet au Mali. De nombreux panélistes ont fait écho à son point de vue, et l’ont considéré comme une question importante dans la plupart des pays africains. Les statistiques montrent que le coût moyen d’un Go de données sur le continent représente 7,12 % du salaire mensuel moyen, certains pays atteignant même 20 %, ce qui fait de la connectivité à haut débit un privilège, réservé aux plus riches.

Pour faire face à ce problème, les gouvernements jouent un rôle crucial, en appliquant une réglementation sectorielle efficace, en corrigeant les éventuelles défaillances du marché et en créant les conditions d’un secteur du haut débit ouvert et concurrentiel. Le partage des réseaux, facteur clé pour réduire les coûts, peut être encouragé par un accès ouvert aux marchés de gros, qui conduit à une concurrence saine et permet aux fournisseurs de services de proposer des prix avantageux aux utilisateurs finaux. La Tunisie a un marché de gros relativement concurrentiel et a travaillé au renforcement de la capacité de l’infrastructure dorsale nationale grâce à des offres connexes de partage actif ou passif du réseau mises à disposition par l’opérateur historique, Tunisie Telecom, aux opérateurs du marché.

Son taux de pénétration s’élève maintenant à 66,8 %, ce qui le place au 5e rang sur 54 pays africains. La redevance d’utilisation est également un obstacle au déploiement du haut débit, car elle en fait augmenter le coût. Au Nigéria, le gouvernement a encouragé le partage des infrastructures en offrant un moratoire de deux ans sur les redevances d’utilisation de la fibre optique le long des routes, à condition que les opérateurs utilisent les mêmes tranchées. Cette mesure est un catalyseur pour le déploiement de la fibre optique, qui est la technologie d’avenir permettant d’offrir une connectivité internet de haute qualité.

Certes, un service abordable et de qualité est une étape importante pour réduire le fossé numérique actuel, mais à l’avenir, le développement des compétences en TIC devrait être une priorité. Malgré son retard temporaire, l’Afrique, en tant que continent le plus jeune du monde, avec 70 % de sa population âgée de moins de 25 ans, dispose d’un potentiel considérable pour rattraper ce retard. Lors de la cérémonie virtuelle de remise des prix du concours Huawei Sub-Saharan Africa ICT Competition 2019-2020, j’ai eu l’occasion de féliciter les gagnants de Tanzanie, d’Ouganda et d’autres régions.

Cette année, plus de 50 000 étudiants de 14 pays d’Afrique subsaharienne ont participé à notre concours TIC, le plus important à ce jour. Au cours des cinq dernières années, Huawei a collaboré avec plus de 250 universités dans 14 pays d’Afrique subsaharienne, dotant plus de 7 000 étudiants universitaires de connaissances et de compétences avancées dans le domaine des TIC et de la certification Huawei ICT, qui les aide à se démarquer sur un marché du travail toujours plus concurrentiel.

Shaza Hossam, une étudiante de l’université de Suez en Égypte, est resté proche de Huawei, depuis sa participation au concours TIC, pour finalement devenir stagiaire certifiée HCIP. Shaza a vraiment apprécié son parcours chez nous, qui « la rapproche du marché du travail et renforce son expérience professionnelle ». Elle a déjà conseillé le programme à tous ses amis. Nous sommes très fiers de participer à leur développement personnel et professionnel, et nous nous engageons à l’avenir à nous impliquer davantage dans le développement des talents TIC en Afrique.

En tant que partenaire, aujourd’hui et sur le long terme, Huawei s’engage à fournir en permanence des produits et des services haute performance à un prix accessible à tous les citoyens africains. Après tout, se connecter n’est pas un privilège, mais un droit fondamental – le droit de libérer des opportunités de la vie et d’explorer l’inconnu.

Nous sommes prêts à agir de concert avec les gouvernements, les universités, les opérateurs et l’ensemble du secteur des télécommunications pour renforcer les capacités d’Internet, renforcer la résilience numérique et façonner un avenir axé sur le talent sur le continent africain. En fin de compte, tous ensemble, continuons d’apporter un monde entièrement connecté, plein d’espoir et de possibilités, à tous les jeunes étudiants prometteurs comme Yusuf et Shaza, ainsi qu’aux générations à venir.



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