Assassinat de Norbert Zongo : 10 points de réflexion sur la Liberté et la Justice


Quand on parle du 13-Décembre au Burkina, on parle de Norbert Zongo, et quand on parle de Norbert Zongo on parle inéluctablement de vérité, de liberté et de justice.

1. La liberté est l’oxygène de l’être humain. La justice est le socle qui tient une collectivité en l’état. Sans liberté, le talent ne peut s’exprimer, la vérité ne peut triompher. Sans justice, le droit est muselé, camisolé.

2. La liberté et la justice nourrissent l’équilibre, la cohésion au sein d’une nation. Elles constituent l’huile qui fait fonctionner le moteur de la société. Ce sont elles qui enfantent la paix, la véritable paix dans un pays.

3. Norbert Zongo, c’est la lutte du peuple burkinabè pour la liberté et la justice. Ce grand journaliste patriote a incarné le courage au sens où l’entend Jean Jaurès : « Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». Mais surtout la mort de Zongo nous rappelle que la liberté et la justice ne sont aucunement des acquis. Il faut, en tout temps et en tout lieu, des hommes et des femmes debout, fermes, résolus et tenaces pour se battre et faire triompher ces valeurs de liberté et de justice, si chères à l’humanité.

4. La liberté ne peut se défendre elle-même, la justice non plus. Il appartient aux individus et aux collectivités de les porter, de les défendre, inlassablement. Du gouvernant au paysan en passant par le journaliste, chacun.e de nous doit s’engager à être une sentinelle pour protéger et garantir la liberté et la justice autour de lui.

5. Les atteintes à la liberté et à la justice peuvent venir du Prince ou des puissants qui gravitent autour de lui. La folie des tenants du pouvoir peut conduire aux dérives les plus abjectes et les plus inimaginables. Cependant, il est nullement inutile de rappeler que chacun.e de nous peut potentiellement porter atteinte à la liberté et à la justice dans la société. C’est ce qui arrive quand notre mauvais penchant prend le dessus sur notre raison. C’est pourquoi nous devons, à notre « petite » échelle, être vigilants et nous assurer toujours que nos actions, nos paroles ne portent pas préjudice au bien-être de nos voisins.

6. La justice fleurit quand individuellement et collectivement nous arrivons à arbitrer judicieusement entre nos valeurs et nos intérêts. La liberté s’épanouit quand nous décidons, en toute conscience, de mettre l’intérêt général avant nos intérêts personnels.

7. Lutter pour la liberté n’est jamais vain. Se sacrifier pour la justice n’est jamais une perte. Car en vérité, c’est lorsqu’on se lève pour une cause- telle que la défense de la liberté ou de la justice- qu’on commence à vivre.

8. L’Etat doit mettre un point d’honneur à faire respecter le droit à la liberté et le droit à la justice, tout en étant lui-même le premier à les respecter. Au lieu de traquer ou de menacer ceux qui disent courageusement la vérité et dénoncent les abus, l’Etat doit honorer de telles personnes. L’Etat crédible, l’Etat proche des populations, l’Etat efficace ne tolère ni l’injustice, ni l’arbitraire. Il les débusque partout où ils se trouvent et les combat farouchement.

9. Rendre justice à Norbert Zongo c’est porter au pinacle le sens de l’intégrité, du courage et du patriotisme. C’est montrer à quel point le Burkina attache du prix à la vie de chacun de ses fils et filles.

10. Pour chaque vie humaine qui tombe injustement, il faut que les citoyens épris de liberté et de justice se lèvent vaillamment.

Alfred B. SAWADOGO, leader du MROD/BF (Mouvement de Réflexion sur les Opportunités de Développement du Burkina Faso)





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