Brexit : la tension monte à Calais face au risque de no deal



Publié le 13 déc. 2020 à 10:02Mis à jour le 13 déc. 2020 à 10:05

La base de voile de Sangatte accueillera ce lundi après-midi une cérémonie d’accueil de 61 nouveaux contractuels de la police aux frontières, recrutés localement. Quelque 33 adjoints de sécurité avaient déjà été embauchés le mois dernier et la préfecture affiche un total de 700 nouveaux agents affectés à la frontière en Hauts-de-France, parmi lesquels 270 douaniers, 230 inspecteurs vétérinaires et 182 agents, pour faire face au Brexit.

Embouteillages

Pas de quoi rasséréner le monde des transporteurs, confronté déjà depuis deux semaines déjà à des embouteillages sur l’A16 et des retards de plusieurs heures avant de traverser la Manche. Explication : les Britanniques surstockent les marchandises dans la crainte de la restauration de tarifs douaniers .

Une autre raison est que le nombre de ferries a baissé pour cause de Covid et d’absence de voyageurs. Les traversées quotidiennes sont tombées de 50 à 35, souligne Isabelle Fauquet, au Port de Calais, qui évoque des pointes à 7.000 camions par jour. Sébastien Rivera, secrétaire général de la FNTR dans le Pas-de-Calais, n’hésite pas à évoquer « une gestion calamiteuse » de l’Etat.

Explication ? Les camions sont désormais stockés avant Calais, sur des parkings avancés, afin de fluidifier le trafic à l’approche de la ville portuaire, et d’éviter notamment les tentatives des migrants de monter à bord, souvent en lacérant les bâches. Mais les transporteurs locaux sont pris dans ces procédures à leurs dépens. « Nous plaidons pour que les véhicules en transit, qui ne vont pas en Grande-Bretagne, puissent, eux, continuer à circuler », défend Rose-Marie François, responsable à la FNTR Hauts-de-France. L’idée est avancée par les routiers d’une signalétique propre, avec les lettres LOC, qui permettrait de différencier les véhicules.

« C’est infernal, on n’en peut plus »

C’est à Boulogne-sur-Mer que se trouve un autre secteur d’activité dont les professionnels s’alarment de plus en plus de l’absence d’accord au fil des jours entre l’Union européenne et le Royaume-Uni. Les pêcheurs français pourraient se voir fermer les très poissonneuses eaux britanniques , à 45 minutes de moteur, qui représentent la base de leur zone de pêche. Situation identique pour les pêcheurs belges dont la zone côtière est limitée et qui s’alimentent essentiellement côté britannique.

« Voilà trois ans qu’on nous bassine avec le Brexit et nous n’avons toujours aucune visibilité pour la suite. C’est infernal, on n’en peut plus », déplore Olivier Leprêtre, artisan pêcheur et président du comité régional des pêches maritimes, pas du tout convaincu par la venue du Premier ministre sur place, il y a quelques jours. « Un no deal, qui empêcherait nos pêcheurs d’accéder aux eaux britanniques, serait une catastrophe pour la filière régionale ! Il nous faut un accord, quitte à l’améliorer plus tard », estime-t-il.

Une filière qui pèse dans les Hauts-de-France pas moins de 6.500 emplois. Or selon le journal britannique « The Guardian », Londres s’apprêterait à déployer deux navires de la Royal Navy pour dissuader les bateaux de pêche étrangers de pénétrer dans les eaux britanniques en cas de no deal…



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