Brexit : Londres et Bruxelles décident… de continuer de discuter



Publié le 13 déc. 2020 à 12:55Mis à jour le 13 déc. 2020 à 13:20

C’est un coup de théâtre, tant l’épilogue d’un « no deal » semblait ces derniers jours inéluctable. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, ont convenu ce dimanche midi, à l’occasion d’un nouvel entretien téléphonique qualifié par la Commission de « constructif et utile », de poursuivre les discussions en vue d’arracher un accord encadrant la relation future entre l’UE et le Royaume-Uni.

« Nos équipes de négociation ont travaillé jour et nuit ces derniers jours. Et malgré l’épuisement après près d’un an de négociations, malgré les dates butoirs qui à multiples reprises ont été dépassées, nous pensons qu’il est responsable à ce stade de faire un effort supplémentaire », ont dit Ursula von der Leyen et Boris Johnson dans un communiqué commun. « Nous avons mandaté nos négociateurs pour qu’ils continuent les pourparlers et voient si un accord, même à ce stade tardif, peut être atteint », ont-ils ajouté.

Concurrence équitable

Les espoirs de parvenir à un accord semblaient pourtant en berne, samedi dans la soirée, les Britanniques continuant de juger en l’état l’offre européenne inacceptable. Mais le fil des discussions n’a jamais été rompu : elles se sont poursuivies tard dans la nuit de samedi à dimanche, et continuaient encore ce dimanche matin.

Outre la délicate question de la pêche , elles achoppent toujours sur le mécanisme devant permettre d’assurer, une fois le Brexit entré en vigueur au 1er janvier, les conditions d’une concurrence équitable des deux côtés de la Manche. D’un côté, l’UE refuse de brader l’accès à son marché, en demandant à Londres de ne pratiquer aucun dumping social ou environnemental pour pouvoir en bénéficier ; de l’autre, le Royaume-Uni veut, au nom de sa souveraineté retrouvée, avoir les coudées franches pour décider de ses lois et des aides d’Etat qu’il souhaite distribuer.

« Temps additionnel »

Londres et Bruxelles avaient rivalisé de pessimisme ces derniers jours , Ursula von der Leyen jugeant « faibles » les chances de parvenir à un accord, tandis que Boris Johnson estimait de son côté un échec « très, très probable ». La tension était même montée d’un cran outre-Manche, où le Premier ministre avait ordonné à quatre navires de la Navy de se préparer à appareiller pour aller défendre les eaux britanniques contre les incursions des bateaux de pêche de l’UE, en cas de « no deal ». Certains députés conservateurs continuaient aussi de s’offusquer de l’affront à la nation que représente à leurs yeux le refus d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel de prendre ces derniers jours Boris Johnson au téléphone, et de le renvoyer au nom de l’unité européenne vers la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. 

Combien de temps peuvent encore se prolonger les pourparlers ? Si les deux dirigeants décidaient de prolonger à nouveau les échanges, cela ne pourrait être que « de quelques jours au maximum », avait averti le secrétaire d’Etat français aux Affaires européennes, Clément Beaune, dans le « Journal Du Dimanche ». Avant d’ajouter : « Nous sommes déjà dans le temps additionnel ».

Alexandre Counis et Gabriel Grésillon (Correspondants à Londres et à Bruxelles)



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