Brexit : Londres et Bruxelles prêts à négocier jusqu’à la dernière heure



Publié le 14 déc. 2020 à 18:50Mis à jour le 14 déc. 2020 à 19:08

Jusqu’au bout du bout. Les négociations du Brexit, qui semblaient à deux doigts de l’échec en fin de semaine dernière, sont reparties depuis dimanche dans un climat moins sombre . Michel Barnier, le négociateur en chef des Européens, a dressé un nouvel état des lieux devant les diplomates en chef des pays de l’Union européenne lundi matin.

Sans céder au moindre excès d’optimisme, il a constaté « quelques progrès », jugeant que la perspective d’un accord n’était plus impossible et qu’il était de la responsabilité de l’UE de donner aux discussions « toutes les chances de succès »« Il y a du mouvement, c’est bien », a confirmé Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission.

Ouverture britannique

« Les prochains jours sont importants », a prévenu Michel Barnier. De fait, pour permettre à l’Union européenne de retomber sur ses pieds si un accord était trouvé avec Londres, il faudrait que le Parlement européen ait le temps de le ratifier – ce qui doit impérativement se faire dans les tout prochains jours. Mais les diplomates savent qu’un scénario alternatif existe, dans lequel un accord serait trouvé dans les ultimes heures de 2020. Même si les parlementaires ont fait savoir le peu d’attrait qu’ils avaient pour un tel cas de figure, il serait alors possible de procéder à la mise en oeuvre provisoire de l’accord au 1er janvier. A charge pour l’assemblée européenne de le ratifier a posteriori… ou, si elle le souhaite, de le rejeter. 

Si un effort supplémentaire s’impose aux négociateurs, c’est que la situation a évolué. Après avoir été, longtemps, dans une situation de blocage , elle a été marquée, ces tout derniers jours, par une ouverture sur la question centrale des conditions d’une concurrence équitable. Les deux parties ne parvenaient pas à trouver le moindre terrain d’entente quant aux moyens de concilier leurs exigences contradictoires. Là où Londres exigeait de retrouver, à l’avenir, une pleine marge de manoeuvre dans la définition de ses normes, Bruxelles tenait au contraire à ce que toute décision du Royaume-Uni conférant à ses entreprises un avantage comparatif indu puisse faire l’objet de mesures de compensation du côté européen. 

Mécanisme de compensation

C’est ce principe même que Londres vient de commencer à accepter. En revanche, les négociateurs ne sont pas encore d’accord sur les modalités d’un tel dispositif. En cas de dumping britannique dans un secteur économique donné, Bruxelles aurait voulu avoir le droit de réagir unilatéralement et rapidement, voire de taxer des exportations britanniques d’un autre secteur économique. Le but : disposer d’un mécanisme rapide, et d’une réelle force de dissuasion face à Londres.

Devant les réticences britanniques, les discussions portent désormais sur des mécanismes de compensation plus restreints, et sur des modalités de mise en oeuvre de ces dernières moins automatiques et unilatérales. « Sur ce sujet, nous sommes encore loin d’avoir un compromis réellement opérationnel », met en garde une source diplomatique.

Blocage sur la pêche

L’issue de la négociation demeure donc « fondamentalement incertaine », pointe une source européenne, d’autant que le dossier de la pêche , lui, reste bloqué. Sur l’accès aux eaux britanniques, les quotas de pêche comme les moyens de définir un navire européen et un navire britannique (équipage, pavillon, propriétaire…), les deux camps peinent à s’entendre. Les pays européens pour qui la pêche est un enjeu politique majeur insistent donc sur la nécessité de résoudre cette autre pomme de discorde. Rien n’est fait mais, contre toute attente, le vent a enfin commencé à tourner dans le sens d’un accord.



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