L’Europe voit grand pour Erasmus



Publié le 14 déc. 2020 à 14:43

Erasmus a de beaux jours devant lui. Vendredi soir, les institutions européennes sont parvenues à un accord final sur le programme Erasmus + pour la période 2021-2027. Au terme d’âpres négociations, où le Parlement européen aura beaucoup poussé, son budget atteindra 24 milliards d’euros sur les sept prochains exercices, soit une hausse spectaculaire et inédite de 70 %.

Nouveaux publics

Créé en 1987, le programme Erasmus de formation à l’étranger est à la fois l’initiative européenne la plus connue du grand public et une des plus belles réussites continentales. En 33 ans, il a déjà profité à près de dix millions de personnes et largement contribué à renforcer chez les jeunes générations le sentiment d’une identité européenne.

La France est traditionnellement le pays dont le plus d’étudiants en profitent pour découvrir d’autres cieux, devant l’Allemagne et l’Espagne. Ces deux dernières sont, avec le Royaume-Uni, les destinations les plus prisées.

Objectif affiché : élargir encore le spectre des bénéficiaires d’Erasmus +. Si les étudiants du supérieur partant rejouer le film « L’auberge espagnole » dans une université européenne restent l’image d’Epinal du programme, et effectivement ses principaux bénéficiaires, les fonds Erasmus financent aussi depuis une vingtaine d’années les départs d’autres publics , parmi les jeunes (collégiens, apprentis) comme chez les adultes (formateurs, enseignants, animateurs, staffs sportifs, etc.). Ils verront les opportunités se décupler.

Séjours plus courtsL’Union européenne entend développer de nouveaux formats, plus courts et plus souples, pour lever des freins au départ. L’accès au programme sera facilité pour les plus petits établissements, notamment pour renforcer la participation des personnes handicapées ou issues de milieux défavorisés, qui bénéficieront de bourses renforcées. Bruxelles promet et promeut ainsi un Erasmus « plus inclusif, plus accessible, plus équitable. »

Des programmes seront ouverts aux écoles primaires, aux enseignantes de maternelle et aux adultes en réinsertion, autant de premières. « C’est un programme pour tous, taillé pour la nouvelle génération européenne », se félicite l’eurodéputée Laurence Farreng (Renew), une des négociatrices. Bruxelles voit grand : l’objectif est de 10 millions de bénéficiaires d’ici 2027, contre 4 millions sur le cycle 2014-2020.

Campus d’apprentis

L’« Erasmus des apprentis », un projet cher à la France et longtemps porté par l’ex-eurodéputé centriste Jean Arthuis , devrait aussi prendre son envol. Après des expérimentations jugées concluantes, les apprentis pourront bénéficier de mobilités longues, via la création de « campus d’apprentis » avec des centres de formation et des entreprises. Le budget qui est dédié à ces jeunes, longtemps parents pauvres de la mobilité, va fortement augmenter. Le groupe Renew du Parlement européen juge possible de faire partir 15.000 apprentis français par an à partir de 2022.

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