Cameroun: Cinéma – Emma Lohoues, sans complexes


Une semaine loin de ses fans de Facebook, TikTok, Instagram et Snapchat ? Quel internaute et membre de la grande communauté virtuelle de l’actrice et influenceuse web ivoirienne, Emma Lohoues, aurait pu l’imaginer ? La présidente du jury « Longs et courts métrages camerounais » et « Courts et long métrages Afrique centrale » aux Ecrans Noirs 2020 a dû s’absenter durant quelques jours des réseaux sociaux pour apprécier les dizaines de films soumis au jury qu’elle préside.

Pour ce faire, la maîtresse de cérémonie au Festival Ecrans Noirs 2012 et marraine de la première édition de « La nuit de la série africaine » a dû compter sur ses compétences acquises au fil des plateaux de tournage des séries à succès « Classe A » de Armand Brice Tchikamen, « Assinie » de Erico Seri, « Aïssa » de Jean Roke Patoudem et « Villa Karayib » de Gwendal Pointeau. Sans oublier les longs métrages « Les sauvages » du regretté Didier Ndenga, « Braquage à l’Africaine » et « Le Mec idéal » de Owell Brown.

Autant de rôles qui lui ont valu de nombreuses distinctions de par le monde et la participation à plusieurs festivals de référence. A savoir le prix de la meilleure comédienne au Festival International du Film de Khouribga au Maroc en 2011 et celui de meilleure actrice au 20e China Golden Rooster & Hundred Flowers Film Festival 2011. Elle n’a malheureusement pas pu communier avec ses fans du Cameroun et les producteurs qui l’attendaient pour lui proposer des rôles, à cause du Covid-19. Néanmoins, Emma Lohoues a accordé une interview à CT, bien avant la soirée des distinctions des Ecrans Noirs qui s’est tenue au palais des Congrès de Yaoundé. Elle évoque son regret de ne pas pouvoir être présente au Cameroun pour prendre part à cette grand-messe du cinéma africain et communier avec ses fans. Elle parle également du processus de visionnage des films en compétition et de son projet de venir tourner au Cameroun.

Vous avez été désignée présidente du jury « Long métrage Cameroun », « Court et long métrages Afrique centrale » aux Ecrans Noirs 2020. Comment avez-vous appris la nouvelle ?

Par le Délégué général lui-même, Bassek Ba Kobhio. Je suis très honorée d’avoir été sollicitée pour présider le jury de « Longs métrages Cameroun » et celui de « Longs et courts métrages d’Afrique centrale ». C’était une expérience enrichissante et pleine de rebondissements. Le faire pour un festival camerounais était assez particulier. Non seulement j’ai énormément de mes « Emaluv » (Ndlr : Nom qu’elle donne à ses fans), mais j’ai une relation affective avec le Cameroun. Je voulais venir au Cameroun en courant. Mais, c’est le festival Ecrans Noirs qui m’a demandé de ne pas faire le déplacement pour cause de pandémie du coronavirus.

Comment s’est effectué le travail du jury, compte tenu du fait que vous n’avez pas pu vous réunir en présentiel ?

Je suis très studieuse et je prends à cœur mes engagements. J’ai envisagé la même logique avec cette importante mission qui m’a été confiée. J’ai reçu des liens pour visionner les films de mes catégories, et je me suis enfermée pour le faire. Par la suite, nous avons délibéré par visioconférence avec les membres de mon jury. Je tiens aussi à signaler qu’il ne s’agissait pas là de ma première expérience en tant que membre d’un jury dans cet important festival. J’avais déjà été membre du jury de « Court-métrage » aux Ecrans Noirs 2012. Donc ce n’est qu’une confiance renouvelée de la part de Bassek Ba Kobhio.

Le cinéma camerounais est un domaine auquel vous vous frottez depuis quelques années. On vous a vue dans des films et séries de Camerounais, notamment « Aissa » de Jean Roke Patoudem. Quel regard portez-vous sur le 7e art made in Cameroon ?

Oui, en effet, le cinéma camerounais et moi, c’est une vieille histoire. J’avais été maîtresse de cérémonie d’ailleurs au festival Ecrans Noirs, en 2012. Un an plus tôt, j’avais découvert le Cameroun grâce au film « Le mec idéal » qui y était en compétition officielle et dans lequel j’incarne le rôle principal. Vous voyez que mon amour avec le Cameroun ne date pas d’hier et surtout mon papounet (agent) est camerounais (Ndlr : Jean Roke Patoudem). Et je vais avouer que depuis cette période jusqu’aujourd’hui, le cinéma camerounais gagne de plus en plus en maturité. Il a bien progressé au niveau de la technique et de la qualité artistique. J’ai visionné les films et je peux vous dire que j’ai découvert de belles mises en scène sur des scénarii bien ficelés. La situation sanitaire actuelle dans le monde a fait reporter beaucoup de projets me concernant, mais rassurez-vous, je viendrai bientôt tourner au Cameroun.



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