à Sidi Bouzid, berceau de la contestation, 10 ans d’espoirs déçus



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La contestation en guise de commémoration. Cela fait dix ans jour pour jour que débutait la révolution en Tunisie. La mort par immolation, dans le centre du pays, à Sidi Bouzid d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, entraîna un soulèvement inédit qui conduit à la chute de Ben Ali. Le gouvernement fait profil bas sur sa manière de marquer ce 17 décembre, mais la journée s’annonce tendue au vu du peu d’amélioration dans la vie quotidienne des Tunisiens depuis une décennie.

Avec notre envoyé spécial à Sidi Bouzid, Michel Picard

L’ampleur de la déception est particulièrement palpable dans les régions intérieures du pays. Des manifestations sont prévues dans plusieurs villes pour rappeler aux dirigeants le slogan de l’époque : « travail, pain, liberté et dignité ». Depuis ce souffle d’espoir, les prix, notamment ceux de l’alimentation de base, ont doublé alors que les salaires ont stagné, réveillant des souvenirs nostalgiques désormais parole courante.

L’artère principale porte désormais le nom du vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, et son immense portrait orne la façade de la poste, à quelques mètres du lieu où il s’est immolé pour dénoncer la précarité qui le rongeait. Son instrument de travail y est érigé en monument.

Reportage, 10 ans après, retour à Sidi Bouzid

À Sidi Bouzid, des révolutionnaires de la première heure réclament que ce jour soit retenu comme jour de la révolution à la place du 14 janvier 2011 qui vit fuir le président déchu. Un argument repris l’an dernier dans cette ville du centre par le chef de l’État Kaïs Saïed. Difficile de savoir si le locataire de Carthage y renouvellera son déplacement, mais il est aujourd’hui un des très rares hommes politiques de haut rang à pouvoir se permettre une visite sans risquer de jets de pierres des habitants.

Un pays au bord de l’explosion sociale

Sur place, l’enthousiasme des premières années a engendré une désillusion profonde. Le festival international de la révolution du 17 décembre y sera peu suivi. Face à la morosité d’une économie en berne, d’un taux de chômage à 16 %, et d’une perte de confiance dans la classe politique, le pays semble au bord d’une explosion sociale tant les indicateurs sont au rouge.

Une série de grèves générales à Jendouba, Kairouan, Béja et des mouvements de protestation sociales à Gabès, Gafsa, Kasserine ou Tataouine viennent de rappeler aux dirigeants l’urgence de prendre des mesures économiques en faveur d’une amélioration de la vie des habitants.


■ Sidi Bouzid, une ville qui restera le fer de lance originel d’une contestation qui précéda la révolution

On a conduit beaucoup de mouvements, de sitting pour défendre la cause de Bouazizi en général, mais aussi la région.

Athouma Attia, professeur de philosophie et ancien porte-parole du comité Sidi Bouzid ce qui lui a valu d’être emprisonné plusieurs jours fin 2010

 



rfi

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