Boké : le paradoxe du boom bauxitique… | Africa Guinee


BOKE-A voir l’état de certaines infrastructures à Boké, il est difficile de croire que c’est dans cette région où sont extraites chaque année plus de 70 millions de tonnes de bauxite, faisant de la Guinée, le 2ème producteur de ce minerai dans le monde. Boké, puisque c’est d’elle qu’il s’agit manque d’infrastructures de base notamment de routes. Pourtant l’an dernier, c’est une enveloppe de plus de 40 milliards de francs guinéens qui a été remise aux autorités locales, au compte du FODEL (fonds du développement économique local).

Région minière par excellence, érigée en zone économique spéciale, Boké manque d’infrastructures routières. Dans la commune urbaine, certains quartiers sont presque inaccessibles à cause de la défectuosité des ponts qui les relient entre eux. Construits il y a de cela plusieurs décennies, ces petits ouvrages de franchissement sont vieillissants. Ils ne sont plus en mesure de supporter le trafic des engins surtout les poids lourds.

Nous sommes dans le quartier Kadiguira, dans la commune urbaine. Aly Soumah, le chef de quartier se souvient encore du moment de la construction de certaines infrastructures. « C’est le propriétaire de Bafong, une boîte de nuit à l’époque dans les années 90, qui a construit ce pont pour faciliter l’accès.  Depuis lors, aucune réhabilitation n’a été apportée par les autorités. Pourtant cette route pourrait servir d’ouverture pour d’autres quartiers», a-t-il expliqué.

Ce pont qui relie Kougnewade à Kadiguira et Bonia n’a fait l’objet d’aucune réhabilitation ces dernières années. « La dernière rénovation a été faite au temps des délégations spéciales.  Rien n’a été fait depuis sur ce pont qui relie les quartiers Kougnewade, Kadiguira et Bonia.  En tant que responsable de quartier, nous avions informé la commune qui avait rassuré être dans l’attente d’un financement pour renouveler les ponts de franchissement, mais depuis nous n’avons rien vu», a indiqué Lansana Keita, président du Conseil de quartier de Kougnewade 2.

Dans le quartier Yomboya Secteur Est qui, à un moment donné, était resté coupé du centre-ville, les citoyens de la localité avait cotisé 27 millions Gnf pour la réhabilitation du pont.

«On avait rempli les documents administratifs à la mairie, je suis allé en personne voir le premier vice-maire et le secrétaire général de la commune. De promesses en promesses, finalement, ils ne voulaient même pas nous voir », se souvient l’imam Alhasane Sampou.

Des nombreuses infrastructures routières dans le centre urbain de Boké tout comme dans les collectivités environnantes sont aujourd’hui dans une dégradation poussée.

Interrogé sur cette situation, le maire de la commune de Boké a indiqué que les ponts de franchissement de la commune urbaine seront très bientôt réhabilités, sans toutefois donner des indicateurs sur la période.

« Par-rapport aux ponts dans la commune, ces ouvrages n’ont pas été prévus dans le budget du FODEL (fond de développement local) de cette année. Si les fonds viennent prochainement et qu’il y ait des travaux à faire, c’est le conseil qui va identifier les projets, après on fait une délibération. Le pont de Kadiguira, Kissassy et même Korera ont fait l’objet d’une étude de réhabilitation« , a confié le maire Mohamed Tawel camara.

Interpelé sur le même sujet, le directeur régional des travaux publics de Boké a botté nos questions en touche, déclarant qu’il y a des choses qui ne relèvent pas de la direction régionale des travaux publics.

Depuis Boké, Oumar Sory Camara

Pour Africaguinee.com



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