Brexit : « Il ne reste que quelques heures pour conclure », estime Michel Barnier



Publié le 18 déc. 2020 à 12:36Mis à jour le 18 déc. 2020 à 13:24

Alors que les négociations avec Londres ont repris ce vendredi sur la relation future entre le Royaume-Uni et l’UE, le négociateur européen en chef Michel Barnier a prévenu devant les eurodéputés qu’il ne restait « que quelques heures utiles » pour conclure un accord, « si nous voulons qu’il entre en vigueur le 1er janvier ».

« Nous sommes à un moment de vérité, a-t-il averti. Il nous reste très peu de temps ». Parmi les sujets restant à aplanir, un compromis sur la pêche s’est imposé ces dernières heures comme le dernier noeud à résoudre pour parvenir à un accord. « Nous ne sommes pas sûrs d’y parvenir si chacun ne fait pas un effort réel et concret », a expliqué le négociateur de l’UE. Avant d’ajouter : « A l’heure où je vous parle, très sincèrement, […] je ne peux pas vous dire quelle sera l’issue de cette dernière ligne droite de la négociation ».

Pression du Parlement européen

Si le temps est désormais compté, c’est évidemment parce que la date du 31 décembre approche à grand pas, mais aussi parce que le Parlement européen a fait savoir, jeudi, qu’il refuserait de ratifier un texte qui lui serait soumis après dimanche soir. Même dans un tel cas de figure, l’hypothèse d’une mise en oeuvre provisoire d’un éventuel accord début 2021, puis d’une ratification a posteriori, resterait néanmoins envisageable.

Ambiance plus sombre

La semaine qui prend fin était avait été marquée par un optimisme prudent, après les percées du week-end dernier sur la manière de garantir les conditions d’une concurrence équitable après le Brexit – l’autre pomme de discorde entre Londres et Bruxelles. Mais l’ambiance s’est brutalement tendue entre les deux camps ces dernières heures, comme l’ont montré les déclarations de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, et du Premier ministre britannique Boris Johnson à l’issue d’un coup de téléphone qui semble avoir été houleux, jeudi soir.

La présidente de la Commission s’est ainsi réjouie de constater des « progrès substantiels sur de nombreux sujets ». Mais elle a immédiatement mis en garde contre les « grandes différences » qui demeurent, « en particulier sur la pêche ». Il sera « très difficile » de les résoudre, a-t-elle ajouté. Boris Johnson s’est fait plus menaçant. « Il semble désormais probable qu’aucun accord ne soit trouvé, à moins que l’UE change substantiellement de position », a-t-il averti. « Si aucun accord ne peut être trouvé, le Royaume-Uni et l’UE se quitteront en amis, et le Royaume-Uni commercera avec l’UE dans les mêmes termes que l’Australie ».

Coup de sang de Londres sur les aides d’Etat

La meilleure défense étant l’attaque, Boris Johnson a aussi brandi à l’occasion de cette conversation un nouvel argument dans la discussion en cours sur le futur encadrement des aides d’Etat. Selon le « Financial Times », il a estimé que les 750 milliards d’euros du plan d’aide européen pour pallier l’impact économique et sanitaire du Covid devaient entrer dans le champ du dispositif devant permettre de garantir, sur le long terme, que les aides d’Etat qu’accorderait un camp ne défavorisent pas les entreprises de l’autre. Or aux yeux de Bruxelles, ce type de programme doit être exempté de la réglementation sur les aides d’Etat.



A lire aussi

Laisser un commentaire