Cameroun: Fin d’année 2020 – place aux fêtes


18 déc. 2020 13:05

Alors que la pandémie du Covid-19 sévit toujours, les Camerounais sont partagés : célébrer en petit comité ou se lâcher comme d’habitude.

« La courbe de contamination de nouveau à la hausse a calmé mes ambitions. » La perte récente d’un oncle à cause du coronavirus, aussi. Pour les fêtes de fin d’année, Géraldine Amah, cadre d’entreprise, va strictement rester dans sa bulle familiale, avec son époux et ses trois enfants. « J’ai effectué les achats des vêtements, jouets et autres cadeaux pour les enfants en novembre, avant que les magasins ne soient saturés. Pour tout ce dont j’ai besoin en ce moment, je commande en ligne et me fais livrer. Ainsi, j’évite au maximum le tohu-bohu des boutiques, lieux de possible contamination au coronavirus », explique la jeune dame.

Les fêtes de fin d’année 2020 pointent donc déjà à l’horizon. Et même si beaucoup de Camerounais ne savent exactement pas sur quel pied danser, ni à quelle sauce ils seront mangés, une chose est certaine : cette période, elle aussi, est particulière cette année. Avec en plat principal au menu, le Covid-19. Il conditionne tout : mouvements, qualité des dépenses, disponibilités financières et est susceptible d’entraîner un Noël et une Saint-Sylvestre 2020 sous restrictions. Avant même que le gouvernement ne définisse les contours de ces événements, d’aucuns se montrent déjà raisonnables. « Les choses n’ont vraiment pas bien marché pour moi cette année. Je ne pourrais donc pas me permettre les habituels excès, surtout que je ne sais pas ce que 2021 nous réserve. Y aura-t-il des possibilités d’ouverture pour relancer mes affaires ? », s’interroge Mathieu Zouma, un jeune installé à son compte à Yaoundé. Du coup, il compte rejoindre au dernier moment ses parents au village. « Cela me semble plus sage. Je m’y rendrais le 24 au matin, pour éviter les contacts et de les exposer au virus. Là-bas au village, il y a plus de chances de fêter en petit comité », sourit-il.

De nombreux irréductibles des fêtes de fin d’année en grand style ne sont cependant pas sur cette longueur d’onde. « 2020 a été une année extrêmement difficile sur tous les plans. Je vais célébrer son terme en grand : champagne, mets raffinés, beaux cadeaux pour mon épouse et mes enfants. J’ai d’ailleurs pris des vacances pour véritablement me lâcher. Nous irons au bord de la mer pendant quelques jours. J’espère que les boîtes de nuit ouvriront : je veux vraiment enterrer cette mauvaise année dignement. Je ne regarde pas à la dépense, parce que j’ai compris cette année que la vie c’est zéro », déroule Thierry Sandjo, en service dans une multinationale, avec exubérance. Il faut dire qu’il est encouragé par les offres plurielles des magasins qui entourent son lieu de travail.

Ici comme partout ailleurs dans la ville, les commerces ne s’en sont pas laissés conter. Coronavirus ou pas, la tradition des fêtes de fin d’année en grande pompe a été respectée par les supermarchés, magasins et autres boutiques de luxe dont les vitrines et les achalandages ne laissent personne indifférent. Alors que les uns et les autres ont ainsi le cœur à la noce, parfois dans l’insouciance, la vigilance reste de mise. Des foyers épidémiques pouvant apparaître à Noël ou à la Saint-Sylvestre.

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