Cameroun: Accélération de la décentralisation – Un ciment de l’unité nationale


Pour le président de la République, une plus grande implication des Camerounais dans la gestion des affaires locales devrait permettre de ressouder la cohésion nationale.

Lundi dernier, dans son message de fin d’année, le chef de l’Etat a rappelé que des mesures « seront prises dans les meilleurs délais possibles pour accorder aux collectivités territoriales de notre pays les compétences qui leur permettront de prendre une plus large part dans la gestion des affaires locales». L’octroi aux collectivités territoriales décentralisées de compétences et de res sources qui, ajouté à d’autres mesures prises depuis quelques semaines par le président de la République, devraient permettre de ressouder la cohésion sociale, renforcer l’unité nationale et ramener la paix tant souhaitée dans les régions du NordOuest et du Sud-Ouest.

Paul Biya est simplement resté constant dans le cadre de ce qu’il est désormais convenu d’appeler sa volonté d’accélérer le processus de décentralisation qui est implémenté depuis 2010 au Cameroun. Pour s’en convaincre, il suffit de remonter à un ensemble d’actes posés depuis un an exactement. En effet, on se rappelle que le 31 décembre 2017 en s’adressant à ses compatriotes dans le cadre de son traditionnel message de fin d’année 2017 et du nouvel an 2018, le président de la République déclarait alors : « Les consultations que j’ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j’ai recueillis, m’ont conforté dans l’idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau local ».

Pour le président Paul Biya, l’accélération du processus de décentralisation devait permettre de renforcer le développement de nos régions. Il devenait alors nécessaire de prendre des mesures urgentes en vue de concrétiser rapidement ce processus. Quelques semaines plus tard, soit le 2 mars 2018, intervenait un réaménagement gouvernemental dont le fait majeur était la création d’un ministère de la Décentralisation et du Développement local. On a ainsi pu apprécier la célérité des pouvoirs publics pour doter ce nouveau département ministériel de structures opérationnelles et de moyens qui lui permettaient notamment de fonctionner : un organigramme et un budget.

Lors du discours inaugural de son septennat, le 6 novembre 2018, le chef de l’Etat est revenu sur le sujet. Paul Biya indiquait alors que si des mesures nécessaires pour accélérer le processus de décentralisation ont été prises, il continuait de se pencher « sur les frustrations et les aspirations de la grande majorité de nos compatriotes du Nord-Ouest et du SudOuest ».

Pour lui, un bon nombre de réponses à ces préoccupations et à ces aspirations devraient être apportées dans le cadre de l’accélération de la décentralisation. « Dans les meilleurs délais possibles, des mesures seront prises pour élargir le champ de compétences des collectivités territoriales afin de leur donner les moyens d’une plus grande autonomie » faisait savoir le président de la République. Un premier indicateur intervenait au cours de la session budgétaire du même mois de novembre.

Le ministère de la Décentralisation et du développement local voyait son enveloppe budgétaire multipliée par quatre, passant ainsi de 11,4 milliards de F, à la suite de l’ordonnance signée le 4 juin 2018 par le président de la République pour 2018 à 45, 756 milliards de F en 2019. Dans cette enveloppe, pas moins de 40,3 milliards de F sont consacrés à l’investissement. Une indication sans doute de l’orientation voulue par le président de la République.



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