Brexit : les Européens et les Britanniques tout proches d’un accord



Publié le 23 déc. 2020 à 17:32Mis à jour le 23 déc. 2020 à 17:40

Un accord pour Noël ? Mercredi en fin d’après-midi, l’Union européenne et le Royaume-Uni semblaient très proches d’un accord sur leur future relation commerciale, selon de nombreuses sources diplomatiques et européennes. « Nous sommes dans la phase conclusive », confiait en fin d’après-midi une source très proche des discussions. « C’est imminent », abondait une autre. « Ce n’est pas encore fait », tempérait toutefois une troisième source. Dans la matinée, le Premier ministre irlandais s’est lui aussi montré optimiste : « Je pense, étant donné la progression des discussions, qu’il devrait y avoir un accord. Un « no-deal » aurait des conséquences épouvantables sur le système économique, en plus du COVID-19 », a ainsi déclaré Micheál Martin sur la chaîne RTE.

Toute la journée, les échanges directs se sont multipliés entre Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, et Boris Johnson, le Premier ministre britannique. Dans l’après-midi, l’exécutif européen a invité les représentants des 27 à Bruxelles à se tenir prêt à une réunion, jeudi matin, dans l’hypothèse où le « deal » serait bouclé dans la soirée.

L’avenir de la pêche, toujours…

Les deux parties ont continué dans la journée à rapprocher leurs positions sur le dernier gros noeud gordien des discussions, l’avenir de la pêche. Les discussions achoppaient jusqu’ici sur la part de leurs prises dans les eaux britanniques auxquels les Européens devraient renoncer et le timing pour s’exécuter. Lundi et mardi déjà, les positions, au départ très éloignées, avaient commencé à converger.

S’il se confirme, l’accord serait historique . Il permettrait de maintenir les échanges de biens et des services, sans quota ni frais de douanes, entre le continent et le Royaume-Uni. Ce dernier devrait en échange respecter toute une série de normes visant à garantir la sécurité des consommateurs continentaux et à assurer une juste concurrence entre les deux rives de la Manche. Pour éviter tout dumping social, fiscal ou environnemental, Londres est prêt dans ces domaines à ne pas régresser et s’engagerait à rester au fil du temps le plus proche possible des règles de l’UE. Si l’une des deux parties s’estimait lésée, elle pourrait prendre, selon les dispositions négociées ces dernières semaines, des contre-mesures croisées, en introduisant par exemple des droits de douane, et ce sur n’importe quel autre secteur.

Un accord « provisoire »

L’accord serait en tout état de cause « provisoire », le calendrier ne permettant plus sa ratification par le Parlement européen d’ici au 31 décembre 23h00 GMT, le moment précis où le Royaume-Uni sortira définitivement de l’UE et donc du marché unique et de l’Union douanière. Mais cela ne change pas grand-chose : sa ratification interviendrait alors en janvier et personne n’imagine sérieusement le Parlement européen le remettre en cause. Les marchés semblent aussi parier sur un accord. A 16h30, la livre sterling prenait 1,21 % face au dollar.

Sans accord, les échanges entre l’UE et le Royaume-Uni se feraient selon les règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), synonymes de droits de douane, de quotas et de formalités administratives susceptibles d’entraîner des embouteillages monstres et des retards de livraison. Un scénario particulièrement délicat pour le Royaume-Uni, déjà malmené par une variante plus virulente du coronavirus qui l’a isolé du reste du monde.



A lire aussi

Laisser un commentaire