Accord sur le Brexit : les Européens ont lâché du lest sur la pêche



Publié le 24 déc. 2020 à 18:01Mis à jour le 24 déc. 2020 à 19:26

C’était l’une des pierres d’achoppement des négociations. Dans le cadre de l’accord post-Brexit acté ce jeudi , l’Union européenne va transférer au Royaume-Uni 25 % de la valeur des produits pêchés dans les eaux britanniques par les flottes européennes, à l’issue d’une période de transition jusqu’en juin 2026, a indiqué un haut responsable européen.

Le détail des espèces et zones concernées par ce pourcentage n’est pas encore déterminé, a ajouté ce responsable. Après cette période de cinq ans et demi, cet accès sera renégocié annuellement. Par ailleurs, les pêcheurs de l’UE conserveront jusqu’en 2026 l’accès garanti aux zones situées dans les 6-12 milles marins au large des côtes britanniques (eaux territoriales) où ils se rendaient traditionnellement.

Forte charge politique

L’enjeu macroéconomique n’est pas majeur : l’UE pêche l’équivalent de 650 millions d’euros par an dans les eaux britanniques, le Royaume-Uni 110 millions dans les eaux européennes. Mais la charge politique est très forte.

Pour plusieurs Etats membres, France, Danemark et Pays-Bas en tête, la pêche est un lourd enjeu social et territorial tant le secteur serait mis à terre en se voyant couper l’accès aux eaux britanniques, très poissonneuses et où les pêcheurs du continent attrapent 60 % de leurs prises. Côté britannique, le contrôle de ses eaux est érigé en symbole de la future souveraineté retrouvée promise aux Brexiters.

L’Europe soutiendra ses pêcheurs

Ce jeudi, Bruxelles a tenu à rassurer les pêcheurs des Etats-membres affectés par ces nouvelles règles. L’accord assure « une base d’accès réciproque aux eaux et ressources, avec une nouvelle répartition des quotas et opportunités de pêche […]. Cet accord demandera des efforts, je le sais, mais l’UE sera présente aux côtés des pêcheurs européens pour les accompagner, c’est notre engagement », a ainsi promis le négociateur en chef de l’UE, Michel Barnier, lors d’une conférence de presse ce jeudi après-midi.

Emmanuel Macron a également tenu à avoir un mot pour la profession : « L’accord avec le Royaume-Uni est essentiel pour protéger nos citoyens, nos pêcheurs, nos producteurs. Nous nous assurerons que c’est bien le cas », a averti le président français sur Twitter. Ajoutant que « l’Europe avance et peut regarder vers l’avenir, unie, souveraine et forte ».

Déception des pêcheurs britanniques

De son côté, Boris Johnson a évoqué un compromis « raisonnable » : « Nous serons un Etat côtier indépendant avec un contrôle total de nos eaux, avec la part des prises britanniques dans nos eaux qui augmentera substantiellement d’environ la moitié aujourd’hui à un niveau plus proche des deux tiers dans cinq ans et demi », a dit le Premier ministre britannique au cours d’une conférence de presse.

« Nous voulions trois ans, nous finissons à cinq ans. Je pense que c’est une période de transition raisonnable », a-t-il ajouté, annonçant que le secteur britannique de la pêche allait bénéficier d’un plan de plusieurs millions de livres sterling pour moderniser sa flotte et son activité.

Des promesses qui n’ont pas convaincu les pêcheurs britanniques, qui espéraient un accord encore plus favorable pour eux : « Le secteur sera amèrement déçu qu’il n’y ait pas de rupture plus définitive », a indiqué Barrie Deas, directeur de la Fédération nationale des organisations de pêcheurs, évoquant une « entourloupe ».

Avec Agences



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