Brexit : l’accord ne dispensera pas de nouveaux contrôles aux frontières



Publié le 24 déc. 2020 à 17:15Mis à jour le 24 déc. 2020 à 17:35

L’accord conclu par le Royaume-Uni et l’UE permet d’éviter le rétablissement aux frontières de quotas et des tarifs douaniers. Mais il ne dispensera pas les entreprises qui commercent d’une rive de la Manche à l’autre d’essuyer de nouvelles formalités douanières, sanitaires ou encore phytosanitaires. Au 1er janvier, le Royaume-Uni sort en effet du marché unique, mais aussi de l’Union douanière avec l’UE.

Déclarations d’importation ou d’exportation, autorisations de transit pour le transporteur, certificats de conformité ou encore TVA, les entreprises auront désormais de nombreux formulaires à remplir pour importer ou exporter. Au total, ce sont 255 millions, voire jusqu’à 350 millions de déclarations de douanes que devra traiter le Royaume-Uni chaque année, contre 55 millions par an jusqu’ici – avec à chaque fois 54 rubriques à remplir ! 

Flou sur le nombre de commissaires en douane

Pour faire face à cet afflux, quelque 500 douaniers supplémentaires doivent rejoindre les effectifs britanniques actuels. Pas moins de 50.000 commissaires en douane sont aussi attendus outre-Manche dans le privé, avec pour rôle d’aider les opérateurs à remplir leurs déclarations d’importation et d’exportation. Mais impossible, à ce stade, de dire combien ont été effectivement recrutés.

Cette surcharge administrative se double pour les Britanniques d’un vrai défi logistique : les Européens ayant décidé d’appliquer leurs nouvelles formalités douanières dès le 1er janvier, les compagnies de ferries n’embarqueront pas les poids lourds en partance vers l’Union sans être sûres qu’ils sont déjà en règle. D’où les inquiétudes du gouvernement Johnson : dans ses pires scénarios, les camions pourraient mettre deux jours à atteindre Calais, et des files de 7.000 véhicules pourraient se former dans la région de Douvres.

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Infrastructures au sol pas toutes prêtes

Pour éviter que l’embarcadère de Douvres ne soit immédiatement engorgé, le gouvernement britannique a prévu des zones de délestage à proximité . L’opération « Brock » doit notamment permettre en cas d’embouteillage de transformer en voie de délestage l’un des deux sens de circulation, sur l’autoroute M20 reliant Londres à Douvres, pour y garer 2.000 camions. Le dispositif a été testé grandeur nature dimanche soir, quand la France a décidé d’interrompre toute liaison transmanche en raison de la découverte d’une nouvelle souche du virus.

Les chauffeurs routiers doivent aussi se déclarer à l’avance sur un portail Internet, qui leur accordera ou non un permis d’accès au Kent, afin de soulager le port de Douvres en amont. Mais ce portail vient tout juste d’ouvrir aux opérateurs. Même chose pour « GVMS », le système informatique qui doit permettre d’assurer la fluidité du trafic de marchandises aux frontières : ils ne peuvent s’y enregistrer que depuis le 8 décembre et ne pourront l’utiliser… que le 23. 

Non seulement du côté anglais les systèmes informatiques ne seront prêts qu’au dernier moment, mais les infrastructures au sol n’ont pas toutes été construites. Toujours pas de bâtiment pour abriter les douaniers sur le grand site de contrôle et de stockage de camions aménagé à Sevington, non loin d’Ashford… qui ne sera complètement opérationnel qu’à la fin février . 



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