Burkina Faso: «Sankara et moi» – Un long-métrage comique mais porteur de sens


L’histoire est celle d’un cadre supérieur ouest-africain d’une compagnie minière multinationale, qui se trouve confronté à l’idéal de sa jeunesse sous la forme d’un reflet compromettant car coiffé d’un béret rouge. En concurrence féroce avec un collègue pour un poste au Canada, il est écartelé entre sa loyauté à ses employeurs et ses idéaux de jeunesse.

Après le succès de « un président au maquis », leur précédent film, Laurent Goussou-Deboise et Hilaire Thiombiano remettent ça, en proposant cette fois-ci une histoire inspirée du grand homme qu’est Thomas Sankara.

C’est lors du tournage de leur premier long métrage que l’idée de faire le film « Sankara et moi » a germé. Contrairement à ce que laisse penser le titre, le film n’est pas une biographie de Sankara, mais se focalise plutôt sur l’idéologie de Sankara. « Dans ce film, il est question de Thomas Sankara comme model humain. La question qui est posée à travers ce film est « qu’avons-nous fait de nos 17 ans ? » Nous avons tous eu des rêves, des objectifs quand nous avions 17 ou 18 ans. Mais actuellement, vue les conditions de vie, il nous arrive de changer de veste. C’est ce qui est beaucoup plus développé dans ce film à travers le côté model humain de Thomas Sankara », explique Hilaire Thiombiano, producteur exécutif du film et premier assistant réalisateur, à la sortie de la projection.

Pendant les repérages, l’équipe avait identifié un village pour le tournage. « Mais malheureusement, déplore Hilaire Thiombiano, quand nous sommes repartis pour le planning de tournage, le village devait être rasé parce qu’il avait été racheté par une société minière. Le chef du village faisait une dépression. Nous nous sommes donc inspirés de ce fait pour améliorer le scénario. Ce film, nous l’avons tourné pour faire ressortir ces questions d’intégrité, de dignité et de patriotisme en nous Burkinabè surtout.»

« Sankara et moi » a bénéficié de l’appui de CANAL+. C’est ainsi que Aymé Makuta, le directeur général de CANAL+BURKINA fait comprendre que le projet « entre en ligne droite avec les ambitions du groupe CANAL+ qui est de favoriser et de promouvoir la production qui se fait sur le continent. Nous avons cette ambition de pouvoir multiplier les contenus africains, puisque c’est ce qui est demandé par le continent, par nos cinq millions d’abonnés à travers l’Afrique. Il était donc naturel de pouvoir accompagner ce type de projet. »

Ce long-métrage, coproduit par CANAL+ INTERNATIONAL et ORANGE, devrait en appeler d’autres. « Nous espérons que l’année 2021 sera riche en productions made in Burkina. Il y a des projets qui vont dans ce sens-là », promet Aymé Makuta.

En attendant, les cinéphiles peuvent se délecter de « Sankara et moi », un long-métrage comique mais porteur de sens, qui vise à faire passer un message par une comédie sans frustrer, comme le précise Hilaire Thiombiano.

Et ça semble plutôt marcher auprès du public. « C’est un très bon film qui met en relief nos valeurs, notre sens de l’intégrité. Et tout cela avec humour et vérité. Le film pose la question sur la gestion de l’or du Burkina, sur la meilleure façon de procéder pour que nos mines d’or soient bénéfiques à la population. La jeunesse et même ceux qui dirigent les mines burkinabè peuvent en tirer des leçons », jauge Boubacar Nikièma, un cinéphile.

Gisèle Kaboré, autre cinéphile, retiens, elle, « qu’un révolutionnaire ne meure pas. Quand il disparait, plusieurs autres apparaissent. »

Le comédien Alassane Dakissaga est l’un des personnages principaux du film. Il se dit particulièrement fier d’avoir joué dans « Sankara et moi », même s’il tient le rôle du « méchant ». « Le scénario est illustré de discours que l’on connait de Thomas Sankara, qui, comme vous le savez, est un révolutionnaire très engagé. C’était donc une fierté de jouer dans ce film. Si quelqu’un de l’extérieur qui a aimé notre révolution accepte de se jeter à l’eau pour faire ce type de film, il fallait aussi que nous acceptions de l’accompagner parce que c’est quand même un film engagé. »

C’est incontestablement la comédie burkinabè de cette fin d’année avec les interprétations magistrales de Désiré Yaméogo, Zami Guebré, Alassane Dakissaga, Joséphine Hien et Claire Tipy.



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