À la Une: trêve ou pas trêve de Noël cette année à Bangui ?



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À deux jours de la date programmée de la présidentielle et des législatives, six candidats à ce scrutin demandent la « reprise » des élections. Le semblant d’accalmie d’hier fera-t-il long feu ? La coalition de groupes armés qui mène depuis une semaine une offensive contre le gouvernement centrafricain ayant annoncé un « cessez-le-feu unilatéral » jusqu’à demain samedi, le gouvernement centrafricain a rétorqué qu’il s’agissait-là d’un « non-événement ».

Dialogue de sourds donc, et confusion aggravée par six candidats d’opposition à ce scrutin, qui veulent que les cartes soient rebattues après le retrait de sa candidature par Jean-Serge Bokassa. Un retrait qui « pourrait inciter la Cour constitutionnelle à décider d’un report technique de quelques jours », énonce Le Monde Afrique, en soulignant « l’extrême tension qui étreint la ville, (et la) drôle d’ambiance qui laisse place à des crises régulières de panique », dans un article intitulé : « à Bangui, peur sur la ville ».

Contraste total au Niger, à deux jours de l’élection présidentielle. Dauphin désigné du président sortant Mahamadou Issoufou (qui a dit « non » au troisième mandat), l’ancien ministre de l’Intérieur et des Affaires étrangères Mohamed Bazoum affrontera, dans les urnes et dans le calme, une kyrielle de candidats. Kyrielle et non des moindres, parmi lesquels deux anciens présidents, Mahamane Ousmane et Salou Djibo ou encore un ancien Premier ministre, Seyni Oumarou. Sans omettre « l’absent-présent », l’opposant Hama Amadou, dont la candidature a été invalidée et qui appelle ses partisans à soutenir Mahamane Ousmane.

Pendant ce temps, à Niamey, le président nigérien sortant Mahamadou Issoufou vaque à ses dernières occupations, et la presse locale s’intéresse, non-pas aux chiens, mais aux ânes écrasés ! Témoin le « coup de gueule » du journal Le Sahel contre deux motards ayant percuté un âne « qui peinait à traverser la chaussée » mardi matin sur un axe routier de la capitale nigérienne !

Comme le souligne le quotidien burkinabè Wakat Sera en comparant les scrutins au Niger et en Centrafrique, ce sont « deux élections, deux réalités ». Après avoir adressé un coup de chapeau au président Issoufou, qui n’est pas candidat à sa propre succession, « ayant fait le choix, presqu’héroïque, sous les tropiques où fleurissent les velléités de 3è mandat, de mettre en jeu son fauteuil, après le second mandat », après avoir estimé que « le Niger et toute l’Afrique, du reste, doivent tirer une fierté certaine de cette option de démocrate et d’homme de parole, choisie par Mahamadou Issoufou », Wakat Sera admet que les élections « sont en pointillés en Centrafrique et (que) la crainte n’est pas à écarter que le processus démocratique engagé par (ce) pays (…) ne marque le pas pour de bon. Les élections se tiendront-elles ce dimanche, en Centrafrique ou seront-elles reportées, consacrant ainsi la victoire des forces du mal ? », se demande ce quotidien ouagalais.

Le dialogue politique est aussi au point mort en Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié « ne se parlent plus ».C’est ce que pointe le site de Jeune Afrique. « En coulisse, le dialogue est à nouveau rompu » entre eux, relève ce journal. L’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié, qui, il y a une quinzaine de jours « a de nouveau contesté publiquement (…) la légalité (du) troisième mandat (d’Alassane Ouattara), ne souhaite donc plus discuter avec » lui, reprochant à ce dernier de « ne pas avoir libéré les responsables de son parti – dont son numéro deux, Maurice Kakou Guikahué », complète Jeune Afrique.

Lequel journal signale encore que, pendant ce temps, Henri Konan Bédié et l’ex-président Laurent Gbagbo « continuent de peaufiner ensemble leur stratégie », prévoyant d’organiser « de grandes manifestations à travers le pays si leurs exigences ne sont pas satisfaites ».



rfi

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