Brexit : Londres est parvenu à répliquer la quasi-totalité des accords commerciaux européens  



Publié le 25 déc. 2020 à 9:00

Pari tenu, ou presque. Le Royaume-Uni ne parviendra pas à répliquer pour son propre compte l’ensemble des accords commerciaux conclus par Bruxelles avant de sortir de l’UE, au 31 décembre. Mais il ne lui reste plus qu’une petite dizaine de pays à couvrir par des traités bilatéraux, pour éviter de perdre les avantages dont il jouissait jusque-là grâce aux accords conclus par l’Union.

La ministre britannique au Commerce international, Liz Truss, qui se targue de pouvoir compter sur environ 700 négociateurs, a arraché « au finish », il y a quelques jours, un accord avec Singapour (22 milliards de dollars d’échanges annuels). Prévoyant, comme dans le « deal » européen, l’élimination des droits de douane d’ici à 2024, il ouvre un accès réciproque aux marchés des services et réduit les barrières non tarifaires sur les produits électroniques, les voitures et les pièces détachées, les produits pharmaceutiques et les appareils médicaux, ou encore sur la production d’énergie renouvelable. Et il offre un tremplin à Londres pour tenter d’adhérer à terme à l’accord de libre-échange transpacifique. 

198 milliards de livres d’échanges couverts

Même s’il ne pourra pas être approuvé dans les temps par le Parlement d’Ottawa, les Britanniques ont aussi signé fin novembre un accord de « continuité commerciale » avec le Canada (20 milliards de livres d’échanges chaque année). Répliquant les termes du traité Ceta conclu par l’UE en 2016, il doit entrer en vigueur au 1er janvier, en attendant de négocier un accord « plus ambitieux » l’an prochain. « Cela renforcera les exportations britanniques vers le Canada, des voitures électriques aux vins mousseux », s’est aussitôt félicité Boris Johnson. 

Leur première grande victoire, les négociateurs britanniques l’avaient néanmoins remportée en concluant en septembre avec le Japon. Des accords ont aussi été trouvés ces dernières semaines avec la Corée du Sud, Israël, l’Islande, la Norvège, le Maroc, la Suisse, le Kenya, l’Afrique du Sud, le Mexique et l’Egypte. Un autre a été conclu il y a quelques jours avec le Vietnam. Londres n’a plus qu’à signer avec le Ghana, le Cameroun ou encore la Turquie. 

Le travail était immense. L’UE possède au total 44 accords commerciaux préférentiels avec des Etats ou des blocs d’Etats, couvrant 77 pays, a calculé le « Financial Times ». Le gouvernement britannique estime avoir couvert 58 de ces pays par un accord commercial équivalent, ou à défaut par un accord de principe. Soit 198 milliards de livres d’échanges commerciaux avec des pays tiers et 96% de son objectif initial.

Un mini-accord à l’étude avec les Etats-Unis

« C’est un bon résultat, estime Sam Lowe, du think tank Centre for European Reform. C’est mieux qu’attendu. L’ex-ministre du Commerce international Liam Fox avait initialement fixé en 2017 l’objectif d’avoir répliqué l’ensemble des accords commerciaux de l’UE en deux ans, soit avant 2019. Mais cet objectif n’était pas réaliste ». 

Reste un gros morceau, qui n’a celui-là rien à voir avec une duplication : la signature d’un accord commercial avec les Etats-Unis. « L’arrivée de Biden n’a pas fondamentalement changé la donne, estime Sam Lowe. Pour le nouveau président élu, ce n’est sans doute pas la première des priorités. Mais ce n’était de toute façon pas si facile à atteindre avec Trump, le Royaume-Uni devant accepter de déréguler son agriculture, ce qui est politiquement délicat. » 



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