Assemblée nationale : Fin de la 7e législature


La 7e législature a fini sa mission parlementaire. La cérémonie de clôture a eu lieu dans l’après-midi du 22 décembre 2020, au cours d’une plénière, à l’hémicycle. Les 127 députés élus au sortir des élections législatives de 2015 viennent ainsi d’achever leur mandat.

Au bout de 5 ans de mandature, les députés de la 7e législature vont céder leurs sièges de l’hémicycle aux élus nationaux de la 8e législature. Ces derniers seront installés le 28 décembre prochain.

La 7e législature est connue pour avoir légiféré sur les questions sécuritaires et sanitaires. Notamment, le vote de la loi sur la programmation militaire, avec une augmentation du budget de la défense et de la sécurité ; l’adoption de la loi relative aux recrutements des volontaires pour la défense de la patrie. La 7e législature a également adopté des lois sur le quota genre et instruit des missions parlementaires sur le foncier, la sécurité, la téléphonie, etc.

On ne saurait occulter la loi sur le Code pénal adopté en 2019. Une loi que beaucoup d’organisations de défense des droits humains, aussi bien au Burkina qu’à l’international, avaient jugé de « liberticides ». « Si la loi est votée, un utilisateur des réseaux sociaux, un journaliste ou un défenseur des droits humains, pourrait encourir jusqu’à 10 ans de prison uniquement pour avoir relaté une information liée aux opérations militaires » s’inquiétait en son temps, Yves Boukari Traoré, directeur exécutif d’Amnesty International Burkina Faso. Jusque-là, cela n’est pas encore arrivé…

Sur la plan social, cette législature a initié un certain nombre d’activités. On peut retenir la nuit du Coronathon qui a permis une collecte de fonds contre le Covid-19 de plus de 450 millions de Fcfa.

On note aussi la « Journée de reconnaissance du député à l’enseignant » qui « procède de la ferme détermination de l’Assemblée nationale d’accorder au secteur de l’éducation toute la place due à son importance dans la quête commune vers une nation prospère. ». Une nuit au cours de laquelle, les meilleurs enseignants sont récompensés pour leur performance lors des examens de fin d’année.

Cinq décès enregistrés

Durant la mandature, cinq députés ont perdu la vie. Il s’agit du président Salif Diallo. Décès intervenu le 19 août 2017 à Paris en France. Alassane Bala Sakandé est alors élu président de l’Assemblée nationale et a conduit le quinquennat à sa fin. On note également le décès de Tambila Kaboré ; le Boussouma Naab ou Salfo Théodore Ouédraogo ; Oumarou Dicko, le député maire de Djibo qui a succombé à une attaque terroriste le 3 novembre 2020, et Rose Marie Konditamdé/ Compaoré, le 18 mars 2020. La mort de cette dernière est mise sur le compte du Covid-19.

Toute chose qui a créé une vive polémique. Jusque-là, la cause exacte de ce décès n’est pas déterminée. Dans son rapport de la mission d’information parlementaire sur la gestion du Covid-19 par le Gouvernement, adopté le 15 décembre, l’Assemblée nationale dit ceci, à propos de ce décès : « Il n’a pas été possible de déterminer un lien avec le Covid-19 ni avec des cas contacts ».

Un report manqué de justesse

Lors de la session parlementaire tenue à huis clos le 6 juillet 2020, les députés ont, à l’unanimité, proposé, sur la base de l’article 81 de la Constitution et au vu de la situation sécuritaire, le report des législatives de novembre 2020. Cela, sur base de l’examen du rapport issu de la tournée parlementaire effectuée sur le territoire national. L’insécurité au Burkina empêcherait 52 députés sur les 127 de battre campagne. Les réactions populaires de désapprobation ont fini par mettre un terme à ce projet dit « lenga » des députés.

La 7e législature avait pour majorité parlementaire, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) et ses alliés de l’Alliance des partis et formations politiques pour la majorité présidentielle (APMP). Le chef de file de l’opposition politique, institution parlementaire, était jusque-là conduit par l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Pour la 8e législature qui va démarrer le 28 décembre 2020, ce poste revient au Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP), arrivé en 2e position lors des élections du 22 novembre 2020.

EKS

Lefaso.net





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