Burkina Faso : La ligue des consommateurs dénonce l’utilisation de l’Apivirine sans le consentement des malades


Le Bureau exécutif national de la ligue des consommateurs du Burkina (LCB) a animé une conférence de presse le mercredi 23 décembre 2020. L’objectif était de présenter le bilan de ses activités à mi-parcours de mandat, et les préoccupations actuelles pour le consommateur. C’est notamment l’utilisation de l’Apirivine à l’insu des patients pour une étude, le relevé bimestriel récemment introduit par l’ONEA, les préoccupations sur la téléphonie mobile et la question des produits impropres.

Depuis 2018 (année du début de mandat du bureau actuel) plusieurs actions ont été menées en direction du renforcement du partenariat avec les acteurs de la vie économique. Il s’agit de l’information et l’éducation du consommateur ; des capacités d’intervention de la LCB ; de la représentation des intérêts des consommateurs.

Pour le compte de l’année 2020, on peut citer, entre autres, l’intervention de la LCB sur le prix du gel hydroalcolique dans le cadre de la lutte contre la propagation du Covid-19, le don de masques au ministère de la Santé, des campagnes de sensibilisation et la dénonciation contre l’utilisation de l’Apivirine à l’insu des malades, l’audition de la LCB par une commission de l’Assemblée nationale sur différentes thématiques, la rencontre avec l’ONEA sur la nouvelle tarification suivie d’une visite sur un site de production et des préoccupations des consommateurs.

Dasmané Traoré, président de la Ligue des consommateurs du Burkina.

Le Bureau exécutif s’est, pour l’occasion, prononcé sur des questions liées à l’actualité. Il s’agit notamment de la question de l’Apivirine, le relevé bimestriel récemment introduit par l’ONEA, les préoccupations sur la téléphonie mobile et la question des produits impropres.

Sur la question de l’Apivirine, Dasmané Traoré, président de la Ligue, a indiqué que la LCB a connaissance qu’une étude clinique sur l’Apivirine serait en cours sur des malades sans leur consentement au service de la pneumologie de l’hôpital Yalgado. Il estime que cette pratique est une violation flagrante de tout le dispositif sanitaire, la déontologie et l’éthique médicale au Burkina Faso, et particulièrement à l’encontre du communiqué N°2020-104MS/SG/ANRP du 03 avril 2020 qui informait de la non autorisation de l’Apivirine 500 mg au Burkina Faso.


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Concernant le relevé bimestriel récemment introduit par l’ONEA, la LCB a souligné avoir échangé avec les responsables de la société sur plusieurs plaintes enregistrées. Et suite à un travail avec les agents, des explications ont été données sur la logique suivie concernant les cas examinés. Ainsi, il a été proposé à la société que cet exercice soit généralisé dans les agences pour rencontrer individuellement les clients et examiner avec eux leur facture. Cette proposition a été bien accueillie et est en cours d’opérationnalisation selon l’ONEA.


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Durant cette année, la LCB a aussi rencontré l’Autorité de régulation de la communication électronique et des postes (ARCEP) et les responsables de toutes les sociétés de téléphonies sur les préoccupations des consommateurs. Il s’agit entre autres de la mauvaise qualité des appels téléphoniques et de la connexion internet ; la réception de manière intempestive des messages publicitaires ; l’imposition d’une date de validité sur les bonus de communication ; le harcèlement de messages de jeux ; la facturation des transferts au niveau des Mobile money ; l’infiltration du réseau par des arnaqueurs et la facturation du service clientèle.



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Au titre des produits impropres, le président de la LCB a indiqué l’incinération de poulets impropres à la consommation au centre d’enfouissement de Tanghin (Ouagadougou) le 16 décembre dernier de provenance de l’Amérique latine avec pour destination le marché burkinabè. A cela s’ajoute une opération d’analyse des échantillons des huiles alimentaires engagée par la LCB, en collaboration avec le Laboratoire national de santé publique, la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression et des représentants de marques d’huile alimentaire.

Il ressort de cette opération que sur 13 huiles alimentaires, 8 sont enrichies en vitamine A, contrairement au communiqué N°020-0014/MCIA/SG/DGU-CI du 31 août 2020. Dasmané Traoré a rassuré l’opinion nationale de poursuivre ces actions afin qu’une suite soit donnée à ce dossier et à tous les autres. Toutefois, il a invité les populations à rester vigilantes surtout en ces périodes de fête.

Judith SANOU

Lefaso.net





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