Accord post-Brexit : les pêcheurs britanniques se sentent « trahis »



Publié le 28 déc. 2020 à 18:32Mis à jour le 28 déc. 2020 à 19:00

La pêche était l’un des points clés de l’accord sur les relations entre l’Union européenne et le Royaume-Uni après le Brexit – celui qui a résisté jusqu’au bout aux efforts des négociateurs. Or les pêcheurs britanniques s’estiment « trahis » par cet accord, annoncé à la veille de Noël. C’est du moins ce qu’a déclaré à la BBC Andrew Locker, président de la Fédération nationale des organisations de pêcheurs, selon lequel ceux-ci se trouveraient dans une situation « pire » qu’avant.

« Je suis en colère, déçu et trahi, a déclaré ce dernier. Boris Johnson nous a promis les droits (de pêche) sur tous les poissons qui nagent dans notre zone économique exclusive et nous n’en avons qu’une fraction ». Le parti conservateur avait en effet promis que le pays pourrait « reprendre le contrôle » de ses eaux territoriales après sa sortie de l’Union européenne.

L’accord prévoit finalement une période de transition jusqu’en juin 2026, à l’issue de laquelle les pêcheurs européens auront progressivement renoncé à 25 % de leurs prises, bien moins que ce qu’espéraient les Britanniques. Cet accord doit entrer en vigueur le 1er janvier 2021, après avoir été adopté des deux côtés.

Côté français, la ministre de la Mer Annick Girardin a estimé samedi sur France Inter que l’accord sur le Brexit allait provoquer « un peu de casse » chez les pêcheurs français tout en promettant que « l’Etat les accompagnera ». Selon la ministre, les négociateurs britanniques exigeaient au départ que les Européens renoncent à 80 % de leurs prises dans les eaux britanniques, d’une valeur évaluée à « 171 millions d’euros » chaque année. Les 25 % finalement obtenus représenteraient donc 42 millions par an environ.

« Position plus forte » qu’avant

Ce recul provoque l’ire des pêcheurs britanniques. « Ce que nous avons maintenant est une fraction de ce qui nous a été promis avec le Brexit. Nous allons vraiment, vraiment avoir des difficultés cette année », a dit Andrew Locker. Michael Gove, ministre chargé de coordonner l’action du gouvernement britannique, a assuré pour sa part que le Royaume-Uni se trouverait dans une « position plus forte » que lorsqu’il appartenait à l’Union européenne.

« Dans le cadre de la politique commune de la pêche, nous ne pouvions accéder qu’à environ 50 % des poissons de nos eaux. Nous allons désormais augmenter significativement ce chiffre, et nous aurons d’ici 2026 environ les deux tiers des prises dans nos eaux », a déclaré Michael Gove ce lundi à la BBC. « Ce processus progressif nous donne une chance d’augmenter la taille de la flotte, d’investir dans nos communautés côtières et, bien sûr, en temps voulu, nous aurons l’opportunité d’augmenter encore davantage ce quota », a-t-il ajouté.

Samedi, la Première ministre écossaise Nicola Sturgeon, cheffe de file des indépendantistes du SNP, s’en était aussi prise au gouvernement conservateur de Boris Johnson, qu’elle accuse d’avoir « de nouveau trahi les pêcheurs écossais ». « Les promesses qu’ils savaient ne pouvoir tenir ont été rompues », avait-elle déclaré sur Twitter.

Source AFP





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