Au Coin du feu avec Léopold Gisage – IWACU


Dans le Burundi traditionnel, le soir, au coin du feu, la famille réunie discutait librement. Tout le monde avait droit à la parole et chacun laissait parler son cœur. C’était l’heure des grandes et des petites histoires. Des vérités subtiles ou crues. L’occasion pour les anciens d’enseigner, l’air de rien, la sagesse ancestrale. Mais au coin du feu, les jeunes s’interrogeaient, contestaient, car tout le monde avait droit à la parole. Désormais, toutes les semaines, Iwacu renoue avec la tradition et transmettra, sans filtre, la parole longue ou lapidaire reçue au coin du feu. Cette semaine, au coin du feu, Léopold Gisage.

Votre qualité principale ?

Je suis sportif, je suis à l’écoute d’autrui

Votre défaut principal ?

Des fois, je suis têtu. Et je dois reconnaître que je peine m’en défaire.

La qualité que vous préférez chez les autres ?

La sociabilité.

Le défaut que vous ne supportez pas chez les autres ?

L’orgueil.

La femme que vous admirez le plus ?

Angela Merkel. Sa longévité au pouvoir témoigne combien elle est appréciée par  son peuple.

 Votre plus beau souvenir ?

La naissance de mon 1er enfant. C’était en 1981. Impossible de décrire les émotions senties ce jour-là.

Votre plus triste souvenir ?

Toutes  les fois, où un être cher s’en va.

Quel serait votre plus grand malheur ?

De mon vivant, perdre ma femme, mes enfants.

Le plus haut fait de l’histoire burundaise ?

L’agrandissement des frontières du pays par Ntare Rugamba.

De la lignée Ganwa, vous sentez-vous fier d’y appartenir ?

On ne choisit pas sa famille, dit-on. Sinon, c’est le cas. Je me sens fier parce que depuis la nuit des temps, nous perpétrons la tradition, l’Ubuntu. Toutefois, actuellement, la grande question, c’est par rapport à notre contribution en tant que communauté  pour apporter notre pierre à l’édifice d’un Burundi meilleur. A ce niveau, je trouve que s’il l’on veut jouer un rôle, il  faut nous réincarner.

La plus belle date de l’histoire burundaise ?

L’accession à l’indépendance du Burundi, le 1er juillet 1962.

Le métier que vous auriez aimé exercer ?

Chauffeur de poids lourds. Malheureusement, avec l’âge, un rêve qui semble s’envoler. Toutefois, je dois vous dire que conduire les voitures m’a toujours  passionné.Jeune, j’ai même fait des courses automobiles(les rallyes).

Votre passe-temps préféré ?

Le sport et la musique

Votre lieu préféré au Burundi ?

Le lac Tanganyika. Un endroit exaltant.

Au cours de votre vie, quel est votre plus grand regret ?

Ne pas rester jeune éternellement.

Le pays où vous aimeriez vivre ?

Nulle part ailleurs qu’au Burundi.

Le voyage que vous aimeriez faire ?

Sans prétention, je n’en ai  pas.

Votre rêve de bonheur ?

Vieillir tranquillement, entouré des miens.

Votre plat préféré ?

Comme tout « umubo » qui se respecte, la pâte de manioc (ugali) avec un bon Mukeke.

Votre chanson préférée ?

Malgré que je sois un vrai mélomane, je n’ai pas de chanson particulière.

Quelle radio écoutez-vous ?

La RFI lorsque je veux écouter l’actualité internationale. Sinon, localement, c’est la radio nationale.

Ancien capitaine de la sélection nationale, quel souvenir gardez-vous des Intamba ?

Que de bons souvenirs. Mis de côté, le fait qu’il n’y avait pas d’argent, c’était exaltant de défendre les couleurs nationales. A cette époque, dans la sous-région, on s’était fait un nom. Ni du Rwanda, ni de la Tanzanie pouvaient nous battre.  Les seuls pays avec lesquels  nous pouvions rivaliser, quoi que souvent, ils nous battent, c’étaient les pays de l’Afrique de l’Ouest. A l’instar du Ghana, Sénégal, etc.

En tant qu’ancien président de la FFB, quel souvenir gardez-vous lors de votre passage ?

Si je vous disais  que nous n’avions  même pas de chaises convenables. Toutes les correspondances, elles étaient dactylographiées. Pour tout dire,  à défaut d’être passionné, on laissait directement tout tomber.

Actuellement, trouvez-vous l’institution (FFB) à la hauteur de sa mission ?

Petit à petit, l’oiseau fait son nid. Cependant, une grande marge d’amélioration reste.

Entrepreneur, y-a-t-il des qualités requises pour entreprendre ?

Dès que l’on a une idée, il faut la mettre sur papier et se lancer. Dans ce domaine, le problème avec les gens est qu’elles veulent avoir de gros capitaux pour débuter  leur business. Une terrible erreur. Au moment où vous avez fini de murir votre  idée, il faut tâter le terrain.

Votre souvenir du 1er juin 1993(le jour où le président Ndadaye a été élu) ?

Un souvenir extraordinaire. Pour la 1ère fois, le Burundi devrait être gouverné par un président démocratiquement élu. Et contrairement à ce que laissaient entrevoir certains de mes amis, j’avais déjà prédit la victoire du Frodebu.

Votre définition de l’indépendance ?

Ne pas dépendre des autres. Mais, ceci ne signifie pas que l’on doit se priver  des autres

Votre définition de la démocratie ?

Le choix du peuple en toute transparence.

Votre définition de la justice ?

Lorsque tout le monde (petit, moyen, grand) est traité de la même manière par l’institution judiciaire.

Si vous étiez ministre de l’Industrie et du Tourisme, quelles seraient vos premières mesures ?

Des questions que je ne me pose pas. La raison : je ne le serai jamais. Je suis un homme libre, et par rapport aux responsabilités publiques, je pense que j’ai fait mon temps.

Croyez-vous à la bonté humaine ?

Je pense que de temps  à autre, on la rencontre. Mais, elle tend à disparaître. La raison, les difficultés auxquelles fait face le monde. A ce moment, chacun a tendance a tiré la couverture  de son côté.

Pensez-vous à la mort ?

Bien que je m’abstienne encore d’acheter mon cercueil (rires), j’y pense de temps en temps. Et comme c’est un passage obligé, une certitude absolue, je dois vous avouer qu’elle ne me fait pas peur.

Si vous comparaissiez devant Dieu, que lui diriez-vous ?

En tout cas, je pense que l’on discutera à bâtons rompus. Certes, je lui dirais merci pour tous ses bienfaits. Mais, sur certains aspects, je lui demanderais ce qui fait qu’il agisse ainsi.



burundinews

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