Cameroun: Elections régionales – Plus de pouvoir à la base


En réponse aux préoccupations de ses compatriotes, sollicitant une meilleure implication dans la gestion des affaires locales, le président de la République a pris l’option de passer à la vitesse supérieure du processus de décentralisation avec la tenue d

Exit désormais les élections régionales ! Du moins les premières de l’Histoire politique du Cameroun. L’heure est désormais à l’exercice du pouvoir local par ces collectivités territoriales décentralisées aux côtés des communes. Jamais scrutin n’avait été autant attendu, voire demandé. « Les consultations que j’ai menées, mais aussi les multiples avis et suggestions que j’ai recueillis, m’ont conforté dans l’idée que nos concitoyens souhaitent participer davantage à la gestion de leurs affaires, notamment au niveau local », déclarait alors le président de la République dans son message de fin d’année à ses compatriotes le 31 décembre 2017.

Paul Biya avait alors pris toute la mesure des attentes des Camerounais. Un constat qui se voulait clair : la décentralisation prévue dans la constitution du 18 janvier 1996 devait connaître un coup d’accélérateur en passant par plus de compétences aux collectivités territoriales décentralisées qui existaient déjà et la mise en place de celles prévues par la loi fondamentale du Cameroun.

Mais il faut dire qu’avec l’entrée en scène des régions, c’est l’évolution de la situation dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest qui est particulièrement scrutée, même si la soif de la prise en main du développement local est la volonté exprimée dans les huit autres régions du Cameroun. Le statut spécial accordé à ces deux régions, à la suite du Grand dialogue national organisé à l’initiative du président de la République, du 30 septembre au 4 octobre 2019, participe en outre de la volonté de décrispation du climat socio-politique affichée par le président de la République depuis le début de la crise que connaissent celles-ci.

La reconnaissance de la spécificité linguistique et même historique du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, à travers la loi portant Code général des collectivités territoriales décentralisées, qui leur accorde des organes de gestion bénéficiant de compétences plus importantes que les autres est une réponse concrète aux aspirations des populations des deux régions.

L’année 2021 sera scrutée avec beaucoup d’attention par les observateurs. Au-delà des attentes liées à l’entrée en scène des conseils régionaux, qui ne bénéficieront sans doute pas d’un état de grâce au regard des attentes, il y a les aspects liés au transfert des compétences et des ressources aux collectivités territoriales décentralisées, conformément au nouvel environnement juridique en la matière mis en place le 24 décembre 2019.

Outre les communes, les régions attendent avec impatience, l’application des dispositions de l’article 25 de ladite loi sur l’octroi, par l’Etat, d’une fraction de ses recettes dans le cadre de la Dotation générale de la décentralisation (DGD). Une fraction de recettes qui ne peut pas être inférieure à 15% desdites recettes. Mais ce ne sera certainement pas le seul élément qui devrait faire bouger les lignes. Les hommes et les femmes appelés dans les différents organes des collectivités territoriales décentralisées devraient pouvoir se montrer à la hauteur des attentes placées en eux.



allafrica

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