A la veille de la rupture, le Parlement britannique approuve l’accord post-Brexit



Les parlementaires britanniques ont approuvé mercredi l’accord commercial post-Brexit conclu par le Premier ministre Boris Johnson avec l’Union européenne.

A l’issue d’un processus parlementaire de quelque “quatorze heures” mené “à un rythme effrené”, le Royaume-Uni a approuvé, dans la nuit de mercredi 30 à jeudi 31 décembre, l’accord commercial post-Brexit entre Londres et Bruxelles, écrit The Guardian. Redessinant ainsi “radicalement” les liens que le pays entretient avec l’Europe, quatre ans et demi après le vote en faveur de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) lors du référendum sur le Brexit.

Le Premier ministre, Boris Johnson, a signé, mercredi après-midi au 10 Downing Street, la copie officielle de l’accord de 1 246 pages conclu avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, à la veille de Noël.

Le Parlement britannique avait lui été rappelé mercredi pour une session d’urgence. Après quatre heures de débat, les députés ont approuvé le texte dans l’après-midi à une écrasante majorité (521 voix contre 73). Le nombre de députés conservateurs qui n’ont pas voté pour est “presque minuscule”, relève The Spectator, qui voit là un “moment de triomphe pour Johnson” qui “marque la fin d’un long chapitre qui a divisé le parti”. Si les travaillistes l’ont, dans l’ensemble, eux aussi soutenu – leur leader Keir Starmer a jugé que ce “maigre” accord valait “mieux que pas d’accord du tout” – les libéraux démocrates, la formation indépendantiste écossaise SNP et le parti unioniste nord-irlandais DUP ont en revanche voté contre. Quelques heures après, “tard” dans la soirée, la Chambre des Lords l’a adopté “sans opposition”, rapporte The Guardian

Puis la reine Elizabeth II l’a promulgué, y apposant sa signature à 0 h 25 jeudi matin. L’assentiment royal “évite un ‘no deal’ à 23 heures jeudi (heure locale, soit minuit vendredi à Paris)”, l’heure à laquelle la période de transition prendra fin, explique encore le journal.

“La volonté du peuple est devenue loi”

M. Johnson, s’est réjoui d’un “nouveau chapitre” dans l’histoire du Royaume-Uni, rapporte le Financial Times :

Le destin de ce grand pays est désormais fermement entre nos mains. Nous assumons ce devoir avec un sens de l’objectif et avec les intérêts de la population britannique au cœur de tout ce que nous faisons. Le 31 décembre à 23 heures marque un nouveau départ dans l’histoire de notre pays et une nouvelle relation avec l’UE, leur plus grand allié. Ce moment est enfin arrivé et il est maintenant temps de le saisir.”

Le chef du gouvernement est allé plus loin dans une interview auprès de la BBC, affirmant que le pays avait obtenu “le beurre et l’argent du beurre” :

Les gens ont dit que c’était comme avoir le beurre et l’argent du beurre. Ils ont dit que vous ne pouviez pas avoir de libre-échange avec l’UE si vous ne vous conformiez pas aux lois de l’UE. Cela s’est avéré faux.”

Si le Guardian dénonce, dans un autre article, un examen trop rapide de l’accord, d’autres titres de presse semblaient, eux, ravis de l’issue de cette journée. Le “Brexit est enfin terminé”, s’enthousiame le Daily Mail. “Après quatre ans et demi d’interminable psychodrame sur le Brexit”, note pour sa part The Telegraph, l’accord post-divorce “a été adopté et la volonté du peuple est devenue loi”.

Violette Robinet

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