Brexit : la frontière tombe entre Gibraltar et l’Espagne



Publié le 31 déc. 2020 à 19:32

L’Espagne et le Royaume-Uni accordent in extremis une solution pour Gibraltar. A quelques heures de l’application des accords de Brexit qui allaient fermer le passage entre le territoire britannique et l’Andalousie voisine, Madrid et Londres ont accordé la façon de garantir le passage des personnes et des marchandises. L’accord évite que Gibraltar ne se convertisse en frontière extérieure de l’UE.

Il n’y a plus de barrière avec l’Espagne, a annoncé la ministre des affaires extérieures espagnole, Arancha Gonzalez Laya, en expliquant que la petite enclave britannique s’unira à l’espace Schengen et ses habitants pourront bénéficier de la libre circulation au sein de l’Union européenne. En revanche, les voyageurs en provenance du Royaume-Uni devront présenter un passeport à leur entrée sur le territoire. Durant les quatre années de mise en fonctionnement de ce nouveau système, les contrôles d’entrée par le port ou l’aéroport de Gibraltar seront effectués par l’agence européenne des frontières Frontex, et l’Espagne sera l’Etat membre responsable de veiller à ce que les normes d’accès et de visas d’entrée dans l’espace Schengen soient respectées.

La frontière tombe enfin, sans bruit ni fureur patriotique, après des décennies de relations en dents de scie entre Madrid et Londres, autour de l’épineuse question de la petite enclave de 6,8 km carrés, située à la pointe sud de la péninsule ibérique, qui a été cédé à la couronne anglaise lors du traité d’Utrecht en 1713, mais qui demeure revendiquée par l’Espagne. Gibraltar avait été expressément exclu de l’accord conclu entre Bruxelles et Londres le 24 décembre dernier, afin de permettre à Londres et Madrid de pouvoir régler la question bilatéralement.

« Prospérité commune »

Cet accord arraché contre la montre, est le fruit de longues négociations entre Madrid et Londres, mais il est surtout le résultat des efforts pragmatiques des autorités de Gibraltar et de leurs voisins des provinces espagnoles adjacentes pour protéger la « prospérité commune » en garantissant le passage des 15.000 travailleurs frontaliers vivants côté espagnol qui chaque jour se rendre sur le petit territoire.

Depuis des années, les administrations locales et les organisations patronales et syndicales avaient travaillé ensemble des deux côtés de la frontière afin d’éviter la rupture et défendre leur écosystème particulier, en mettant de côté la question des revendications territoriales historiques.

Elles ont donc obtenu gain de cause et à partir du 1er janvier, Gibraltar qui n’était pas jusqu’ici dans l’espace Schengen pourra enfin resserrer les liens avec ses voisins proches, tout en maintenant fermement son identité britannique. C’était un des points les plus sensibles pour les habitants de l’enclave qui craignaient que l’Espagne ne profite des circonstances pour faire avancer ses prétentions territoriales. « Cela n’a pas été facile et nous y sommes arrivés », a commenté Fabian Picardo, le ministre principal de Gibraltar, en soulignant que l’accord ne signifie aucune cession vis-à-vis de l’Espagne. « Aucun aspect du cadre accordé ne transgresse les positions de Gibraltar sur la souveraineté, la juridiction et le contrôle », a-t-il insisté, en rassurant ses compatriotes.



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