acquittement de Saïd Bouteflika et de trois autres personnalités de premier plan



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En Algérie, la justice a acquitté Saïd Bouteflika, frère de l’ex-président démissionnaire, les généraux Mohamed Mediene et Athmane Tartag, anciens dirigeants des très puissants services de renseignements, ainsi que la femme politique Louisa Hanoune, dirigeante du Parti des travailleurs. Accusés de « complot contre l’armée et l’Etat », ils avaient écopé en première instance de 15 ans de prison, en septembre 2019.

C’est un feuilleton judiciaire emblématique de la révolution algérienne qui prend fin avec ce verdict final dans l’affaire dite de « la réunion ».

Le 27 mars 2019, en plein soulèvement contre le projet de cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, son frère Saïd, les généraux Mohamed Mediene et Athmane Tartag, ainsi que la femme politique Louisa Hanoune se seraient retrouvés pour ourdir un « plan de déstabilisation de l’armée » dont les plus hauts gradés venaient de tourner le dos au chef de l’État.

En mai, quelques semaines après la chute du régime, ils sont arrêtés. En septembre, le tribunal militaire de Blida les condamne en quelques jours à 15 ans de prison. Ces peines ont été confirmées en appel en février 2020, sauf pour Louisa Hanoune qui a vu la sienne réduite à trois ans, dont neuf mois ferme. Elle a été libérée dans la foulée. En novembre dernier, la Cour suprême accepte leur pourvoi et un nouveau procès devant la Cour d’appel militaire vient d’ordonner leur acquittement.

Ce samedi soir, Mohamed Mediène va quitter la clinique militaire qu’il fréquentait depuis trois mois pour dormir chez lui. En revanche, ce ne sera pas le cas pour Athmane « Béchir » Tartag, toujours sous le coup d’une autre procédure judiciaire, ni pour Saïd Bouteflika. Ancien conseiller principal de son frère, surnommé « président-bis », ce dernier doit encore être jugé pour corruption, en compagnie d’anciens oligarques.

Joint par RFI, un des avocats des accusés s’est réjoui de cet acquittement. Il espère que cette décision profitera aussi à plusieurs dizaines de personnes arrêtées ces derniers mois pour « délits d’opinion ». Selon l’association Comité national pour la libération des détenus (CNLD), plus de 90 personnes sont actuellement détenues pour des faits liés à la contestation et aux libertés individuelles en Algérie.



rfi

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