au Tchad les artistes montent au créneau contre le confinement



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Au Tchad, les habitants de la capitale sont confinés depuis le 1er janvier en raison de la recrudescence des cas de Covid-19. À partir de ce lundi, les frontières aériennes de la capitale sont fermées, tandis que les entrées par route sont elles bloquées depuis trois jours. Alors que le gouvernement demande aux habitants de la capitale de ne pas sortir de chez eux, de nombreux artistes sonnent la révolte, demandant à la population de ne pas respecter la mesure.

avec notre correspondant à Ndjamena, Madjiasra Nako

C’est le très lyrique Cidson Alguewi, plus connu pour chanter l’amour, qui sonne la charge : c’est une décision injuste, selon lui ! Un gouvernement qui aime son peuple ne doit pas prendre de telles décisions s’est-il emporté sur les réseaux sociaux.

A sa suite, le comédien Digri par terre ne comprend pas pourquoi les forces de l’ordre ont passé la journée de ce dimanche à « chicoter » les Ndjaménois qui traînaient dehors alors que le gouvernement a demandé à certains commerces d’ouvrir. « Quand vous dites que les boulangeries seront ouvertes, les pharmacies seront ouvertes… mais qui viendra dans ces pharmacies et ces boulangeries si vous faites circuler les militaires pour interdire les gens de sortir ? C’est paradoxal. »

L’artiste Abba Ngol, comme beaucoup d’autres, ne comprend pas le principe même du confinement dans un pays où la majorité de la population vit au jour le jour. « Je vous assure que la faim risque de tuer plus que le coronavirus ! Donc je ne pense pas qu’il faille sauver la ville du coronavirus parce que c’est une maladie qu’on peut encore soigner… mais la faim, on va la soigner avec quoi ? » Comment vont faire les mamans qui nourrissent leurs familles avec « les légumes, l’essence qu’elles vendent au bord des routes » interroge Abba Ngol. 

Malgré la forte bronca et les sollicitations des journalistes, le gouvernement ne s’est pas expliqué sur ces mesures dimanche. 

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rfi

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