Brexit : l’Ecosse souhaite « rejoindre » l’Union européenne en tant que nation indépendante



Publié le 4 janv. 2021 à 11:25Mis à jour le 4 janv. 2021 à 11:26

L’Ecosse est amère. « Nous ne voulions pas quitter l’Union européenne », regrette la Première ministre écossaise, Nicola Sturgeon, dans une tribune publiée dimanche dans les colonnes du « Figaro ». « Nous sommes maintenant confrontés, contre notre volonté, à un ‘Brexit dur’, au pire moment possible, en pleines pandémie et récession économique », déplore-t-elle, soulignant que les Ecossais s’étaient majoritairement opposés au Brexit, lors du référendum de 2016.

Nicola Strugeon espère donc « rejoindre bientôt » l’Union européenne « en tant qu’Etat membre à part entière ». Elle exprime sa détermination à organiser, pour y organiser, un nouveau référendum sur l’indépendance de l’Ecosse. « Nous sommes résolus à suivre une voie légale et constitutionnelle pour devenir un Etat indépendant », déclare-t-elle.

En 2014, 55 % des Ecossais avaient dit « non » à l’indépendance. Mais la situation semble s’être inversée. Selon le dernier sondage mené par l’institut Savanta ComRes pour le journal « The Scotsman », mi-décembre, 58 % des Ecossais soutiennent désormais une rupture avec le Royaume-Uni. Du jamais-vu.

L’enjeu des élections locales de mai

Mais la tenue d’un référendum revient au Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui y est farouchement opposé. « D’après mon expérience, les référendums dans ce pays ne sont pas des événements particulièrement joyeux », a-t-il déclaré dimanche sur la BBC, en allusion aux profondes divisions provoquées par le référendum sur le Brexit en 2016, gagné à 52 % par le camp du « Leave ». Une large victoire du SNP lors des élections locales de mai prochain pourrait renverser la tendance. La pression se renforcerait effectivement sur Londres pour accepter une nouvelle consultation.

« En tant que membre indépendant de l’Union européenne, l’Ecosse serait un partenaire et un médiateur, non seulement pour construire une économie plus forte et une société plus juste, mais aussi un lien pour faciliter la compréhension entre l’Union européenne et le Royaume-Uni », met en avant Nicola Sturgeon. « Pendant près d’un demi-siècle en tant que membre de l’Union, nous avons tiré un énorme profit des ‘quatre libertés’ du marché unique, dont la liberté de circulation. Plus de 230.000 citoyens européens ont fait de l’Ecosse leur foyer », souligne-t-elle par ailleurs. « Ce sont des personnes qui font partie de ce que nous sommes, ce sont nos amis et notre famille et nous voulons sincèrement qu’ils restent parmi nous. »

Selon elle, le Brexit « va impliquer des perturbations à court terme, tout en établissant de nouvelles barrières à long terme ». « La sécurité de nos citoyens sera amoindrie et leur droit de travailler, d’étudier et de vivre ailleurs en Europe sera restreint », regrette-t-elle. En 2020, près de 2.000 Ecossais ont participé au programme Erasmus. Ils ne pourront désormais plus y avoir accès, Londres ayant fait le choix de le remplacer par son propre programme international.



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