Cameroun: Festi Kudumbar – Tokombéré dans la danse


La première édition de ce rassemblement traditionnel des peuples de la montagne s’est tenu du 28 au 29 décembre dernier dans le Mayo-Sava, à l’Extrême-Nord.

Le « Festi Kudumbar », entendez festival des danses traditionnelles des peuples de la montagne peut être considéré comme une résurrection culturelle des sept tribus de l’arrondissement de Tokombéré, localité située dans le département du Mayo-Sava, région de l’Extrême-Nord. Dans le cadre de la toute première édition de ce festival, ces peuples se sont retrouvés du 28 au 29 décembre 2020 à Tokombéré. Les célébrations étaient présidées par Abdoul Nassiri, représentant du préfet du Mayo-Sava, en présence d’une forte délégation d’élites extérieures de cette localité. Pour Moussa Yaya, président du comité d’organisation du Festi Kudumbar, « ce rendez-vous avec l’art et la culture des peuples des montagnes est un pari gagné, puisque nous avons assisté à un régal, apprêté par une forte variété des richesses de notre terroir, des potentialités eu droit par bon nombre d’entre nous. » Et d’ajouter qu’il s’agit d’un objectif atteint, « puisqu’il était question d’organiser une activité artistique et culturelle de grand rassemblement qui témoigne de la richesse du patrimoine artistique et culturel du Cameroun. »

En trame de fond de cette initiative, les organisateurs ont tenu à montrer aux yeux du monde ce qui fait l’identité de ces peuples de montagne, afin de préserver dans le long terme le patrimoine ancien, le savoir-faire séculaire, pour assurer l’avenir des générations. Au-delà de l’aspect festif, les différentes manifestations ont mis en exergue le devoir de mémoire collectif. Selon Ngaba Klef, porte-parole de la communauté Mada, le Festi Kudumbar a offert la possibilité à tous les ressortissants de l’arrondissement de se réapproprier les us et coutumes, de les valoriser, mais aussi et surtout de pérenniser des savoir-faire ancestraux. Comme un seul homme, autour du thème : « Danse traditionnelle, moyen d’intégration nationale et de perpétuation du patrimoine culturel », les fils et filles de Tokombéré ont tourné le « Kudumbar » (champ de bataille en langue Zoulgo) en un lieu de rencontres conviviales, de communion dans la paix et d’union dans la diversité.

Durant 48 heures, cette ville a vibré aux sons et rythmes des danses traditionnelles diverses. Outre les danses, les instruments de musique, les objets d’art et de décoration et les armes traditionnelles ont fait l’objet d’exposition. Au bout du compte, l’occasion a été donnée aux festivaliers non seulement de se faire découvrir, mais aussi de se vendre. « Car c’est une opportunité, une bonne occasion, une fenêtre vers le développement économique qui s’ouvre ainsi pour que les artistes puissent vendre leurs œuvres même hors du pays », souligne Jean Jorès Medjo, sous-préfet de Tokombéré.



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