le jeu vidéo prend (enfin) des couleurs – Jeune Afrique



Du dernier volet de « Spider-Man » à « Cyberpunk 2077 », les dernières grosses productions misent sur des personnages noirs au physique plus réaliste et au caractère plus complexe. Il était temps.


Dans un article publié en avril 2015, nous avions abordé la question du racisme dans le jeu vidéo. Comme l’avaient observé des chercheurs américains, le secteur avait un problème avec les personnages noirs. Généralement sous-représentés (7 % des personnages, selon une étude datant de 2011), ils étaient également encore plus caricaturaux que leurs alter ego blancs : plus agressifs, dangereux et athlétiques.

Les dernières « grosses » sorties prouvent que beaucoup de chemin a été parcouru en cinq ans. D’abord, la diversité ne fait plus peur, comme le prouve le dernier volet des aventures de l’homme-araignée, Marvel’s Spider-Man Miles Morales. Parti en vacances en Europe, Peter Parker confie la protection de New York (sous la neige) au jeune Miles. Cet open world un peu répétitif développé par Insomniac Games (comme le précédent volet, Marvel’s Spider-Man, sorti en 2018) a le mérite d’introduire un peu de couleur dans l’univers du super-héros mordu par une araignée radioactive.

Diversité

La bande-son résolument trap, les mouvements de breakdance et les graffs sur les murs de la Grosse Pomme s’inspirent clairement des cultures urbaines. Surtout, le casting met l’accent sur la diversité. Tout l’entourage de Miles Morales est « racisé » : son père (décédé dans l’épisode précédent) et son oncle sont africains-américains, sa mère est portoricaine, son meilleur ami est d’origine asiatique…

Bien sûr, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un métis de 17 ans qui évolue dans Harlem fraye avec des personnages secondaires noirs ou hispaniques. Mais il n’y a presque aucun studio de jeu vidéo (à l’exception d’électrons libres n’hésitant pas à aller à rebours de la mode, comme Rockstar Games et sa série des GTA) qui prenne ce risque pour développer un « triple A », un jeu à très gros budget. Une étude de l’International Game Developers Association dénonçait, encore en 2016, une industrie dominée par des personnages de jeunes hommes blancs hétérosexuels, s’adressant, souvent inconsciemment, à un public leur ressemblant.

Cette personnalisation permet à tous les joueurs d’avoir un héros qui leur ressemble





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