Avec le Brexit et le Covid, les Britanniques se ruent sur les cours de langue



Publié le 6 janv. 2021 à 12:36

Comment dit-on « My taylor is rich » en italien, en allemand ou bien en français ? La question a visiblement taraudé les Britanniques ces derniers mois. Obligés comme tous les Européens de rester chez-eux plus qu’à l’accoutumée pour cause de crise sanitaire et avec l’approche du Brexit, ils ont en effet redoublé d’efforts pour apprendre une langue étrangère européenne.

C’est du moins le constat dressé par le quotidien britannique « The Guardian » qui a interrogé plusieurs responsables de cours de langues étrangères. Selon la plateforme d’apprentissage en ligne Duolingo, par exemple, le nombre de personnes apprenant une langue en Grande-Bretagne a augmenté en 2020 deux fois plus vite que dans le reste du monde. Tandis que l’application Memrise, a constaté une forte augmentation du nombre de ses nouveaux utilisateurs depuis mars dernier.

Priorité à l’espagnol et au français

Réputés pour ne pas être les meilleurs élèves dès qu’il s’agit de parler une langue étrangère, les Britanniques s’avèrent donc pragmatiques. Alors que seulement 32 % des 15-30 ans maîtriseraient une deuxième langue, ils auraient compris qu ‘être bilingue sera indispensable après le Brexit . Pour vivre ailleurs ou y travailler car un nombre croissant de pays exigent de maîtriser la langue locale et désormais seuls deux pays parmi les 27, l’Irlande et Malte, ont l’anglais comme langue officielle.

« Certains espèrent améliorer suffisamment leurs compétences linguistiques pour pouvoir prétendre acquérir la citoyenneté d’un pays européen », explique le quotidien britannique, qui cite le témoignage d’une étudiante en économie qui apprend le danois dans l’espoir de pouvoir travailler un jour au Danemark.

Si les candidats pour le Danemark ne sont sans doute pas les plus nombreux, selon Memrise, 70 % des utilisateurs au Royaume-Uni apprennent en priorité l’espagnol ou le français. « Souvent parce qu’ils veulent s’y rendre à l’avenir pour y faire des affaires ou simplement s’y installer »., explique encore un responsable de l’application. L’allemand et l’italien sont également populaires.

Plus généralement, « les Britanniques veulent désormais se montrer comme les meilleurs citoyens du monde lorsqu’ils voyagent ou font des affaires, comme lorsqu’ils rencontrent des étrangers dans leur propre pays », explique au Guardian Colin Watkins, qui dirige la branche britannique de Duolingo.

Les Irlandais aussi

Et ils ne sont pas les seuls. Les Irlandais semblent également se découvrir un nouvel intérêt pour les langues étrangères. Début décembre, le quotidien « The Irish Times » relevait de fait le même phénomène avec un nombre record de 5.000 élèves qui participaient à un événement de promotion des langues étrangères.

« Alors que jusqu’à maintenant les Irlandais pouvaient s’appuyer sur le commerce avec le Royaume-Uni, ce sera moins le cas à l’avenir » expliquait alors Karen Ruddoch, responsable du programme « Post Primary Languages Ireland », citée par le quotidien irlandais. Et de souligner alors que si les Irlandais « veulent s’adapter au nouveau monde et vendre dans d’autres pays, ils doivent apprendre les langues parlées dans d’autres pays ».



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