Cameroun: Entreprises et établissements publics – Santé financière toujours fragile


La Commission technique de réhabilitation vient de révéler le diagnostic, à fin 2019, d’une cinquantaine d’entités.

Pour le rapport 2019, ce sont 51 entreprises et établissements publics répartis dans huit secteurs qui ont été analysés par la Commission technique de réhabilitation des entreprises du secteur public et parapublic (CTR). En inaugurant avec cette pratique en 2019 pour le rapport sur les périodes 2016-2018, ce sont 39 entités qui avaient été auscultées. Pour cette édition, ont été rajoutés, les établissements publics à caractères spéciaux (Cnps et Csph) et les établissements publics du corps de la santé. Les aspects de gouvernance, de comptabilité et de finance sont les principaux facteurs ayant guidé l’évaluation de cet organe chargé du suivi des entreprises publiques en proposant au gouvernement des mesures permettant de prévenir et d’éradiquer les causes des difficultés des entreprises publiques.

Au 31 décembre 2019, « les entreprises et établissements publics ne sont pas exempts des chocs résultants entre autres de la chute des cours mondiaux du pétrole et des principaux produits d’exportation. Au niveau interne, leurs activités ont été impactées par les préoccupations sécuritaires liées à la crise sociopolitique dans le pays», justifie le rapport. Analysant secteur par secteur, la CTR sonne quand même l’alerte sur certaines structures. Dans le secteur agropastoral et halieutique par exemple où sept structures ont été analysées, les statistiques de la Cameroon Development Corporation ne sont pas bonnes. Elle a particulièrement eu maille à partir en 2019 avec un résultat net de -3645,82% et une dégradation des capitaux propres de l’ordre de 58,8%. Dans le secteur aérien, la «situation de la Camair-co reste préoccupante avec des pertes annuelles qui ne cessent de dégrader les capitaux propres qui, depuis l’exercice 2016, sont inférieurs à la moitié du capital». Du côté du secteur industrie et commerce, la situation de la Cicam continue d’inquiéter avec une baisse des capitaux propres et du chiffre d’affaires, pendant que le sous-secteur de l’hôtellerie du fait du report de la Can 2019 a connu une régression de ses activités.

«En définitive, sur le plan de la gouvernance, la plupart des écueils déjà relevés dans le rapport 2018 ont persisté. Ils concernent entre autres les manquements dans l’exigence légale de la tenue des sessions des comptes des organes sociaux, l’obligation de transmettre les documents aux autorités compétentes. L’amélioration des fonctions de contrôle et d’audits internes, pour plus d’efficacité reste un défi», relève le rapport. Sur le plan financier, au 31 décembre 2019, le chiffre d’affaires global se situe à 1295,5 milliards de F, soit une baisse de plus de 15% par rapport à 2018. «L’endettement global reste important. La dette globale à court terme, représente 115,2% du chiffre d’affaires combiné contre 128% en 2018. Les dettes à moyen et long termes représentant 37,9% du chiffre d’affaires contre 82,9% en 2018», poursuit le rapport.

La CTR sur la base de plusieurs paramètres, a effectué un classement des entreprises à potentiel et celles à risque pour le budget de l’Etat. Elles sont neuf qui donnent des raisons d’espérer. Ce sont celles qui ont dégagé un résultat d’exploitation et un résultat net positif au 31 décembre 2019 avec en général des dividendes. Celles qui représentent un risque pour le budget de l’Etat sont celles dont l’ampleur des dettes au 31 décembre restait inquiétante.



allafrica

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