Dans la province du Hebei, tous les moyens sont bons pour endiguer la pandémie



Transférer massivement les villageois vers des lieux de confinement collectif, créer d’emblée des espaces pour leur quarantaine : la province de Hebei, dans le nord de la Chine, où de nouveaux cas de Covid-19 sont apparus, est en ordre de marche pour combattre le virus. 

“Pour entrer dans le comté de Zengcun, il faut porter des combinaisons de protection, et le véhicule doit être désinfecté. Sur la route qui mène au village de Xiaoguozhuang, nous voyons des ruraux portant des bagages, habillés d’épais vêtements d’hiver, qui attendent devant le bus”, explique Zhongguo Xinwen Zhoukan, l’hebdomadaire de Pékin.

Le premier cas positif a été détecté le 2 janvier à Xiaoguozhuang, village à seulement 5 kilomètres de l’aéroport international de Shijiazhuang, capitale du Hebei, voisine de Pékin.

Quatre jours plus tard, après avoir détecté huit nouveaux cas confirmés en un seul jour, le pouvoir passe à l’action. “L’entrée du village est gardée par une équipe de quatre ou cinq personnes, composée de policiers et de villageois, en poste vingt-quatre heures sur vingt-quatre”, a constaté le magazine, en précisant que l’ensemble des habitants du village, soit 4 700 personnes, ont été transférés vers des lieux de confinement collectif.

Le magazine économique Caixin a, de son côté, révélé que les habitants des douze villages du comté de Zengcun ont été invités, le 11 janvier, à se déplacer pour une quarantaine centralisée. Plus de 20 000 villageois sont concernés. La décision de transfert est survenue en urgence. Un villageois s’est plaint que ses parents sexagénaires et son enfant de trois ans aient embarqué dans un bus à 16 heures, mais n’aient pu atterrir qu’aux petites heures du matin, “après avoir fait le tour d’au moins trois sites de confinement qui étaient tous pleins”.

Chambres universitaires réquisitionnées

Alors que le maire de la ville de Shijiazhuang a annoncé que 40 000 chambres pour le confinement étaient prêtes dès le 9 janvier, sur les réseaux sociaux, des étudiants locataires de ces chambres réquisitionnées à leur insu s’inquiètent.

Dans une vidéo postée sur son compte Weibo, le journal pékinois Xin Jingbao montre que les 1 082 chambres étudiantes de l’école d’ingénierie de l’information de Shijiazhuang ont été vidées pour accueillir les confinés. Certains internautes, se disant étudiants, prient les nouveaux locataires de “ne pas abîmer leurs effets personnels”, d’autres cherchent à savoir si leurs campus ont été réquisitionnés.

Un appel à la vigilance d’un village a fait aussi le buzz sur les réseaux sociaux. Sans doute afin d’avoir un effet dissuasif, le dirigeant a crié dans son haut-parleur : “Saoulez-vous chez vous, plutôt que d’aller à des fêtes… Il y a un cas positif dans notre municipalité de Zhengding, je vous avertis sérieusement, le danger est là, le virus est juste devant vous. Si vous sortez encore, vous ne rentrerez pas, vous mourrez à l’extérieur.”

Anxiété grimpante

Depuis quelques jours, la déclaration d’“être entré en état de guerre” de plusieurs provinces chinoises n’a pas aidé à freiner l’anxiété montante dans la population. Sur le réseau social Weibo, un blogueur spécialisé dans les affaires du Hebei a révélé qu’une station-service du Xinjiang, dans l’ouest du pays, a refusé de servir un chauffeur de camion, car ce dernier était originaire du Hebei. “Certaines provinces et régions ont déclaré être entrées en état de guerre, est-il nécessaire d’être aussi nerveux ?”, s’interroge le réputé blog Bingchuan Sixiangku, avant d’ajouter “comme si nous étions envahis par des pays étrangers”.

Zhang Zhulin





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