22 ans de prison pour l’ancienne présidente sud-coréenne



Sauf grâce présidentielle, Park Geun-hye, destituée en 2017 du fait de nombreuses malversations qui avaient provoqué des manifestations de masse, devra purger 22 ans de prison.

“La Cour suprême de Corée du Sud a prononcé ce 14 janvier une peine définitive de 20 ans de réclusion à l’encontre de Park Geun-hye, âgée de 69 ans, condamnée pour avoir reçu des pots-de-vin et pour abus de pouvoir. Avec la peine de deux ans qui lui avait été infligée en 2018 pour être intervenue dans l’investiture de candidats de son parti Saenury aux législatives de 2016 [pour avoir imposé des collaborateurs qui lui étaient proches en violation des lois électorales], l’ancienne présidente de la République [2013-2017] doit purger au total 22 ans. Incarcérée depuis le 31 mars 2017, il lui en reste environ 19”, annonce Hankyoreh. La peine est assortie d’une amende s’élevant à 18 milliards de wons [13 millions d’euros]. Le quotidien évoque “le point final” du scandale déclenché il y a quatre ans. 

Après les révélations sur les nombreux méfaits qu’elle avait commis en tandem avec son amie Choi Soon-sil, condamnée depuis à 18 ans de prison, la première femme à être élue à la présidence de la Corée du Sud avait été destituée en mars 2017 au terme de plusieurs mois de manifestations de la population en colère.

Deux ex-présidents en prison

La presse évoque déjà une possible grâce présidentielle. Donga ilbo indique que “l’heure du questionnement est venue pour le président Moon Jae-in”, rappelant que ce dernier avait refusé d’aborder le sujet tant que la peine n’était pas confirmée. D’après le journal, l’opinion publique ne semble pas mûre pour un tel geste magnanime : 56,1 % s’y opposeraient contre 38,8 % qui l’approuveraient. Le 1er janvier, Lee Nak-yon, ancien Premier ministre, président du Parti démocrate au pouvoir et candidat potentiel à l’élection présidentielle 2022, avait provoqué un tollé en exprimant son intention de “suggérer au président, au moment venu, la remise en liberté de ses deux prédécesseurs”, c’est-à-dire Park Geun-hye, mais aussi de Lee Myung-bak, président de 2008 à 2013, également incarcéré après sa condamnation à 17 ans de prison pour corruption et détournement de fonds. Il a fait marche arrière, cité par le Kyunghyang shinmun : “Ce qui compte, c’est le repentir sincère de l’intéressée”.

Par ailleurs, la Haute Cour de Séoul doit se prononcer le 18 janvier prochain sur le cas de Lee Jae-yong, patron de facto du groupe Samsung depuis le décès de son père Lee Kun-hee en octobre dernier. Il est accusé d’avoir versé des pots-de-vin à l’ancienne présidente et à son amie pour faciliter sa succession à la tête de cet empire économique, mais reste pour le moment en liberté.  





A lire aussi

Laisser un commentaire